... Lénouche ...

"J'oublie où je me trouve lorsque j'écris", Vassilis Alexakis

08 août 2008

Salade de nuit.

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Elle allait sans chaussures le long d'un chemin du crépuscule. Elle marchait lourdement pour sentir à chaque pas les gravier s'enfoncer dans ses pieds nus.

Elle marchait sans marcher un jour illusoire qui déclinait au-dessus d'un monde incertain.

Elle allait sans chaussures en ramassant la nuit, en pelletant à coups de bras l'obscurité rampante. Elle criait en riant à la face blafarde et moqueuse de la lune qu'elle ferait une salade de nuit.

Elle allait en riant pour les fous des alentours. Elle refoulait les regards ahuris des autres pour garder son propre ahurissement.

Elle ramassait la nuit et la mélangeait avec les préjugés. Ses bras tournoyaient et jetaient dans un récipient immatériel une tristesse qu'elle trouvait à la pelle.

Elle faisait une salade de nuit avec tout ce qu'elle trouvait sur son passage. Avec les choses et les objets. Les sensations et les idées. Le concret se fondait dans l'abstrait et elle réinventait les états de la matière morte.

Elle allait en courant sans chaussures et en agitant une cloche. Elle sonnait le tocsin de sa salade de nuit. Le sablier s'était cassé dans l'agitation et son contenu crissait, menaçant.
Elle courait après le temps.

Elle trébuchait les pieds nus en traînant derrière elle sa salade de nuit qui brinquebalait dans les cahots des pierres et des graviers.

Elle était l'anonyme qui courait, et riait, et criait au monde avec sa salade de nuit en équilibre sur le dos.

Elle marchait sa salade accrochée à ses pieds. Elle cherchait l'ombre où perdre son ombre au bout du chemin de graviers. Elle marchait sans marcher jusqu'à l'aurore pour disparaître dans le jour, elle et sa salade de nuit.
Pour rester l'invisible.

Ou peut-être tout simplement pour ne pas connaître la vraie forme des choses sous la lumière accusatrice.

Hélène. 

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05 janvier 2008

La -non- évidence langagière.

chagal21

Il est des choses qui touchent, parfois. Des trucs qui sont donnés à lire, du genre au bout de trois mots on a le déclic et on se dit "c'est exactement ça".
Ou alors il est tout simplement des écrivains qui touchent, au point de réussir à faire sentir le poids de chaque mot posé sur le papier sur le corps lui-même. C'est ce qu'on appelle ... Non, je ne sais pas comment ça s'appelle. C'es juste ce que j'appelle le choc littéraire, moi. Parce que ça coupe tellement le souffle qu'on ne trouve rien à dire pour commenter. Juste des inepties. Ce que je fais -draaaameuh-. Juste parce que je commence à croire qu'on ne peut pas parler des choses qui nous animent, vraiment, dans le sens où elles nous tiennent en vie. A commencer en ce moment par les questions débiles que personne ne se poserait et qui me poussent fortement à m'interroger sur ma -bonne ?!- santé mentale.

Le programme : rafler de l'argent et trouver un boulot en Grèce pour cet été. Mission impossible. Donc se reporter sur le projet numéro deux. Construire une yourte et s'installer définitivement en Antarctique au milieu des manchots, de la glace, et du vide environnant. Il y a certes un petit problème anachronique, ou "a-géographique" entre l'habitation et l'endroit. Mais ce n'est pas grave. Au moins, on échappe au monde.
J'ai presque fini d'apprendre l'alphabet hindi. C'est le truc qui ne sert à rien par excellence, mais qui finira toujours par servir un jour. Je sais conjuguer le verbe être et dire comment je m'appelle. La prochaine étape : dire "j'habite en Antarctique entre deux icebergs".
Le discussion est toujours ouverte sur le sujet "peut-on penser sans les mots?" -à bon entendeur...-, Madame de La Fayette est définitivement une arnaqueuse -je me cache-, et je viens de boucler La Commune. Reste un petit siècle à achever. Ou comment faire une dissert' de philo d'un point de vue linguistique et se tuer après devant la nullité de la chose. Alors je conclus avec Eluard. Parce que la poésie, ça ne se raconte pas. Ca se lit, et ça se sent. Ou ressent, c'est comme on veut.

L'évidence poétique

Le poète est celui qui inspire bien plus que celui qui est inspiré. Les poèmes ont toujours de grandes marges blanches, de grandes marges de silence où la mémoire ardente se consomme pour recréer un délire sans passé. Leur principale qualité est non pas, je le répète, d'invoquer mais d'inspirer. Tant de poèmes d'amour sans objet réuniront, un beau jour, des amants. On rêve sur un poème comme on rêve sur un être. La compréhension, comme le désir, comme la haine, est faite de rapports entre la chose à comprendre et les autres, comprises ou incomprises.


      C'est l'espoir ou le désespoir qui déterminera pour le rêveur éveillé — pour le poète —  l'action de son imagination. Qu'il formule cet espoir ou ce désespoir et ses rapports avec le monde changeront immédiatement. Tout est au poète objet à sensations et, par conséquent, à sentiments. Tout le concret devient alors l'aliment de son imagination et l'espoir, le désespoir passent, avec les sensations et les sentiments, au concret.


Paul Eluard.

N.B. : Quand j'étais en première, j'avais réussi à faire un exposé sur les bigoudis pendant un cours de russe à la suite d'un pari débile. Et à démontrer que finalement le bigoudi était THE instrument érotique en littérature -j'étais allée chercher très loin, aussi-. Le prof avait paniqué, et m'avait finalement collé 19.
L'an dernier, j'ai refait un pari débile. Qui m'amène à me taper l'intégralité de l'Histoire de France, et pas seulement.
La prochaine fois que je prononce le mot "pari", soyez gentils, achevez moi tout de suite ...

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14 décembre 2007

des (dés-?)illusions.

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Une mèche qui flambe
Penchée sur les eaux antarctiques
Est en train de geler dans la glace

Comme une poignée de couleur ou de peau
Ou de cheveux sur lesquels on glisse comme
Sur un trottoir détrempé

Comme rien peut-être aussi
Tout simplement
Parce que ça ne ressemble pas à quoi que ce soit de
Connu

Des cendres éparpillées dans un caniveau
Ou le refrain d'une litanie que l'on murmure
Sans la comprendre

Descendre la chansonnette d'un coup de feu
Tirer ou lieu
De la pousser
Et de la laisser contaminer l'air ambiant

Manque d'oxygène ou manque
De souffle
Au milieu des saisons ou d'un hiver à la gueule
De fantôme

C'est un spectre qui traverse la matière grise
Il laisse un froid
Tout
Est en suspens et suspendu aux paroles des clapotis d'une abysse

Elle longe les égoûts
La mèche
Suspendue au-dessus d'une mer au goût âcre d'antarctique
Le thorax
Tordu par le papier carbonne qui a oublié d'imprimer
La suite

On dit que ce sont des cendres
Qui fondent en apesanteur et coulent
Dans une éprouvette trop peu
Profonde

Elle oublie la chimie et les lois de la physique quant tout
Se démembre autour d'un bruit

C'était juste une mèche dans des eaux antarctiques
Ou bien un bout de peau qui regardait un livre
Peut-être même
Des lettres mélangées dans le fond d'une bouteille ivre
Qui tanguaient en chuchottant décembre

Hélène.

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08 décembre 2007

Celle qui ne voulait pas parler.

J'aime bien Queneau. Parce que dans Les Fleurs bleues, le cheval duc Duc d'Auge s'appelle (Démo)Sthène. En référence à l'orateur grec. Le cheval n'arrête pas de parler.
Celui du type qui l'accompagne, il ne parle pas. Ou pas beaucoup. Alors il s'appelle Stéph'. En référence au Mallarmée du même prénom, parce qu'il parlait peu. Et seulement le jeudi. Dixit Pléiade. Je trouve ça absolument génial. Outre que tout tourne autour des nombres dans le roman, biensûr. Et que l'ouroir de littérature potentielle ouvre des possibilités inimaginables. Parce que la Littérature avec un grand L devient des mathématiques pour faire de l'art. Alors c'est pour ça que je pars sur Eluard. Parce que je n'ai pas envie de parler. Ni de répondre. Ni de me rappeler qu'on est en décembre. Parce que j'ai juste envie de tout envoyer valser.

Non, plus simplement. Parce que j'ai envie de rester hermétique. De dire sans dire. Parce que j'étais celle qui n'avait pas envie de parler. Au risque d'exposer encore mon asociabilité grandissante dans un monde auquel, décidément, je me sens étrangère.

Yves Tanguy

Un soir tous les soirs et ce soir comme les autres
Près de la nuit hermaphrodite
À croissance à peine retardée
Les lampes et leur venaison sont sacrifiées
Mais dans l'œil calciné des lynx et des hiboux
Le grand soleil interminable
Crève-cœur des saisons
Le corbeau familial
La puissance de voir que la terre environne.

Il y a des étoiles en relief sur une eau froide
Plus noires que la nuit
Ainsi sur l'heure comme une fin l'aurore
Toutes illusions à fleur de mémoire
Toutes les feuilles à l'ombre des parfums.

Et les filles des mains ont beau pour m'endormir
Cambrer leur taille ouvrir les anémones de leurs seins
Je ne prends rien dans ces filets de chair et de frissons
Du bout du monde au crépuscule d'aujourd'hui
Rien ne résiste à mes images désolées.

En guise d'ailes le silence a des plaines gelées
Que le moindre désir fait craquer
La nuit qui se retourne les découvre
Et les rejette à l'horizon.

Nous avions décidé que rien ne se définirait
Que selon le doigt posé par hasard sur les commandes d'un appareil brisé
.

Paul Eluard.

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16 novembre 2007

Bicauzeuh off.

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Il y a longtemps que j'avais envie. D'en mettre un bout ici. Parce que je disais c'est génial, et on me répondait tout le temps "c'est quoi?" et je ne pouvais pas décrire à quel point c'était fort. A quel point j'en sortais retournée, de ce madit bouquin, quand je le lisais.
Impossible de dire combien cette pièce était juste. Combien le théâtre précédait les manuels d'histoire et de philo, des fois. Mais pas mis ici, parc que jamais le temps, ou jamais le livre sous la main... Ou parce que peut-être pas tellement envie de partager ou de justifier, ou d'expliquer pourquoi je trouve ça tellement beau... Alors que pourtant, ça décrit la fin du monde. Mais beau, oui. Parce que c'est humain.
Alors donc, besoin, de le faire. Et aussi pour une Melle. que je sais qui le lira et que ça devrait lui plaire et qui m'a dit qu'elle ne prenait plus le temps de lire et qui se reconnaîtra. Et puis pour tous les autres, et même ceux qui n'aiment pas. Et puis voilà.

" Le Monstre :
Pour chacun de nous il existe un temps où il nous faut savoir ce que nous sommes
Aucune loi naturelle aucun code civil ne sera là pour nous guider
Les notions de bien et de mal ne voudront plus rien dire
Les questions résolues par ces notions ne sont pas sérieuses
Nous sommes plus nus qu'au moment de notre naissance
Notre vie peut-être écrasée aussi facilement qu'une fourmi par une armée
Mais dans ce temps nous ne pourrions pas être écrasés pas même par le poids du continent sur lequel marche cette armée
Nous avons la connaissance de ce que nous sommes et disons : "Je ne peux pas renoncer au nom d'humain"
Tout ce qu'il faut c'est définir d'une façon juste ce que c'est être "humain"
Si notre définition est fausse nous mourrons
Si notre définition est juste et que nous la transmettons nous vivrons
Les premiers dramatrges disaient : Connais-toi toi-même
[...] Voir un homme qui est malade ou infirme ou vieux ou pauvre ou étranger rester assis en regardant fixement un monde vide sas trouver une seule raison à sa soufrance

[...]

Vous nous avez tués au nom de la liberté
La démocratie n'est pas le droit de vote mais la liberté de savoir et la connaissance basée sur le fait de savoir
Votre démocratie est le moyen de supprimer la vérité et de jeter la liberté en prison
Quelle est la liberté que vous m'avez donnée?
Deux poignées de cendres
Où est la liberté là-dedans ?"

Pièces de guerre I, Rouge noir et ignorant, Edward Bond.

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14 octobre 2007

les p'tits ruisseaux innondent.

rabate_pascal

La première fois, j'étais enfant. C'était lointain, mais c'était proche, pourtant. Comme s'il était possible de le frôler. Que les mots prononcés avaient entraîné le corps dedans. Alors j'ai lu Maüs. Vers dix, onze ans. Et je n'ai jamais reparlé de guerre, quelle qu'elle soit, avec qui que ce soit. Jusqu'aux lettres échangés à dix mille kilomètres d'écart. C'était plus simple, peut-être, plus lointain. Ca laissait la violence humaine sur le papier, elle n'entrait pas dans le corps par les oreilles. Mais je pleurais, quand même.
Essayer de comprendre le pourquoi du comment d'un génocide. C'était ça, il était là, le problème.

J'y ai repensé à tout ça. En farfouillant et en collant le nez dans l'édition oeuvres intégrales d'Aragon version pléiade. Et en tombant sur le poème. Alors juste. Je ne sais pas pourquoi.
Dévoré les Petits ruisseaux de Rabaté. Belles images, fort. Pleuré, aussi. Mais envie de garder pour moi l'impression ressentie. La vie, la mort. L'ingratitude, l'humour, l'espoir. Dans la pudeur et la sobriété. Tout en finesse. Mais j'ai fait le rapprochement avec le poème.
"Le présent ne compte pas, seul le futur passe", dit une bulle de la bande dessinée.

Mais je préfère laisser le poème, là
.

"Il a écrit un des rares poèmes vrais sur les camps "Chanson pour oublier DACHAU". C'est un poème extraordinaire. On se demande comment un poète qui n'a jamais connu ça, a pu retrouver les sentiments, la vérité. C'est tout le génie d'un poète. Ce poème est un énorme poème", Jorge Semprun.

Chanson pour oublier Dachau

 Nul ne réveillera cette nuit les dormeurs
Il n'y aura pas à courir les pieds nus dans la neige
Il ne faudra pas se tenir les poings sur les hanches jusqu'au matin
Ni marquer le pas le genou plié devant un gymnasiarque dément
Les femmes de quatre-vingt-trois ans les cardiaques ceux qui justement

 Ont la fièvre ou des douleurs articulaires ou
Je ne sais pas moi les tuberculeux
N'écouteront pas les pas dans l'ombre qui s'approchent
Regardant leurs doigts déjà qui s'en vont en fumée

 Nul ne réveillera cette nuit les dormeurs

 Ton corps n'est plus le chien qui rôde et qui ramasse
Dans l'ordure ce qui peut lui faire un repas
Ton corps n'est plus le chien qui saute sous le fouet
Ton corps n'est plus cette dérive aux eaux d'Europe
Ton corps n'est plus cette stagnation cette rancoeur
Ton corps n'est plus la promiscuité des autre
N'est plus sa propre puanteur
Homme ou femme tu dors dans des linges lavés

 Ton corps

 Quand tes yeux sont fermés quelles sont les images
Qui repassent au fond de leur obscur écrin
Quelle chasse est ouverte et quel monstre marin
Fuit devant les harpons d'un souvenir sauvage
Quand tes yeux sont fermés revois-tu revoit-on
Mourir aurait été si doux à l'instant même
Dans l'épouvante où l'équilibre est stratagème
Le cadavre debout dans l'ombre du wagon
Quand tes yeux sont fermés quel charançon les ronge
Quand tes yeux sont fermés les loups font-ils le beau
Quand tes yeux sont fermés ainsi que des tombeaux
Sur des morts sans suaire en l'absence des songes

 Tes yeux

 Homme ou femme retour d'enfer
Familiers d'autres crépuscules
Le goût de soufre aux lèvres gâtant le pain frais
Les réflexes démesurés à la quiétude villageoise de la vie
Comparant tout sans le vouloir à la torture
Déshabitués de tout
Hommes et femmes inhabiles à ce semblant de bonheur revenu
Les mains timides d'enfants
Le cœur étonné de battre

 Leurs yeux

 Derrière leurs yeux pourtant cette histoire
Cette conscience de l'abîme
Et l'abîme
Où c'est trop d'une fois pour l'homme être tombé
Il y a dans ce monde nouveau tant de gens
Pour qui plus jamais ne sera naturelle la douceur
Il y a dans ce monde ancien, tant et tant de gens
Pour qui tant de douceur est désormais étrange
Il y a dans ce monde ancien et nouveau tant de gens
Que leurs propres enfants ne pourront pas comprendre

 Oh vous qui passez
Ne réveillez pas cette nuit les dormeurs.

 Louis Aragon
Le Nouveau Crève-cœur.

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08 octobre 2007

Contre-poids.

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Rire nerveux au pied d'une porte
Calfeutrée
Dans l'imperceptible frémissement de l'air qui s'engouffre dans l'entrebaillement des paupières
Mi-closes
Et indéfinies sur un visage fantôme

Un graphisme dessine aléatoirement des formes éclatantes à côté des murs
On lance des pinceaux
A l'aveuglette
Dans une caverne à sol ouvert

Ca tombe
Indéfinissablement dans le souterrain d'une catacombe en mousse
Et on tombe
Sur un squelette taillé au lance-pierre

Un tonneau à la Diogène s'est retourné
A l'arrachée
L'ermite a renversé la tête avant de la rentrer
En vitesse
Dans le par terre bétonné d'un cylindre pyramidal

Soupir las
Effacé dans les courants froids d'un vent qui oublie
De souffler

Problème de rythme il faut lire
A contre-sens
Pour remonter le temps qui passe en s'essoufflant

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28 septembre 2007

Automnial.

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[Parce qu'il pleuvait. Parce que l'esprit était devant la fenêtre. Parce que la photo du devant allait bien avec. Parce que le téléphone était occupée. Parce que la ville était triste. Parce qu'elle aussi. Et parce que c'était l'automne. Hélène.]

Il pleure dans mon coeur

Comme il pleut sur la ville,

Quelle est cette langueur

Qui pénètre mon coeur?

.

O bruit doux de la pluie

Par terre et sur les toits !

Pour un coeur qui s'ennuie,

O le chant de la pluie !

.

Il pleure sans raison

Dans ce coeur qui s'écoeure.

Quoi ! nulle trahison ?

ce deuil est sans raison.

.

C'est bien la pire peine

De ne savoir pourquoi,

Sans amour et sans haine,

Mon coeur a tant de peine.

Paul Verlaine.

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27 septembre 2007

Rien.

chin_van_gogh_chair

"L'homme crie où son fer le ronge", dit Aragon...

On ne crie plus, mais le fer brûle. Parfois.

Le fer s'efface. Reste son poids, je crois.

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23 septembre 2007

Langage froid.

DSCN1266

Réinventer un langage
    Déglingué

Dans lequel les mots ne renvoient plus aux idées
Ni aux images ni
A eux-mêmes

Cirer des vivres en cloportant des charrettes
Ca ne veut rien dire mais c’est
Les acariens qui se carapatent en voyant une bombe d’insecticide
     Posée
  Sur une table bancale en équilibre instable

Panser le sens sans y penser tout ça
Fait mal aux yeux
Mais on n’effacera pas les parenthèses

Liste de choses à ne pas faire
Ecrite en faux latin ou en vrai contre-sens
Commando –sans armes- des pizzas
Je hais ce mot
    Et zut
Avec toutes ces escarbrouffes mon Expresso a cramé

Il est à peine moins bon que le cigare froid déjà
    Fumé –comme le hareng-
Mais tout ça sort du rang et de l’endroit
Ou de l’ayant-droit qui fait des courbes et des courbettes devant
Les choses

Je prends parti en renversant cheveux qui se dressent
        Sur la tête
      Tout va bientôt se gâter et il reste comme un arrière goût
  Un peu trop loin derrière
Alors on ne peut pas savoir ce qu’il sent
                     Il est tombé dans l’égout du coin de la rue

Pendant ce temps là je trimballe ma poésie en onomatopées
          Dans les catacombes
J’additionne des divisions tandis que l’un des susmentionnés acariens trébuche sur une racine –pas carrée-
       Paroles non retranscrites il paraît
   Que la bienséance n’autorise pas les insultes

Décortiquer les boulons de la langue –pas très- maternelle
La parole quotidienne devient
           Etrangère –ça rime avec fougère- à trop la manier
On ne peut pas tuer les introductions ni
    Trouver de conclusions

Je réchauffe mon café au lait trop sucré un rêve m’a dit
     De le faire

Ce n’est pas par habitude c’est juste
                 Pour ne pas tuer la répétition de ce qui ne se détache pas en pièces

Hélène.

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