08 août 2008
Chronique d'un malaise de lecture.
Début d'année -milieu de vacances- oblige, vous ne couperez pas à mes chroniques de lectures estivales.
Surtout quand les livres lus marquent beaucoup. Surtout comme celui-ci.
C'est difficile de décrire le malaise vaguement écoeurant qui accompagne gentiment la lectrice -en l'occurence moi- pendant un peu plus de 600 pages dans mon édition. C'est comme si à chaque paragraphe j'avais eu envie de refermer ce bouquin sans pouvoir m'empêcher de continuer. Mais le problème, il n'est pas là. Le problème, il tient à ce que je suis fichtrement incapable de mettre des mots sur les raisons pour lequel ce truc m'a foutue si mal à l'aise.
Le truc en question, c'est Le Tambour de Günter Grass. Mon prof de comparée est un sadique. Surtout que le livre le plus court du programme ne fait "que" 500 pages.
Bref. Il y a à la fois une certaine fascination mêlée à un énorme sentiment de dégoût et de répulsion pour le personnage d'Oscar. On ne sait jamais sur quel pied dans. Salaud ? Véritable sadique ? Sociopathe ? Personnage trop sensible qui refuse la vie conventionnelle ? Impossible de se situer.
Tueur en série déguisé ? Ou victime d'être né ? On ne sait pas. Et même en refermant le livre, on ne sait toujours pas.
Manipulateur ? Ou personnage qui a compris tout le système ? A ça non plus, il n'y a pas de réponse. Et je n'aime pas ne pas pouvoir répondre.
Personnage auquel il est impossible de s'identifier ? Pas vraiment. Pas tout le temps. Alors est-ce que le malaise vient de ce que l'on se reconnaît dans les profondeurs sombres et vicieuses de l'être humain à travers Oscar ? Même pas.
Juste une terreur et un dégoût physique qui imprègne le texte du début à la fin. Et ce malaise.
Je devrais alors dire que j'ai détesté cette chose. Mais non. Je ne peux pas dire que je n'ai pas aimé. Tout comme je ne peux pas dire non plus que j'ai aimé. J'ai juste été frappée, oui. Frappée de telle façon que je ne sais pas si je pourrai me résoudre à re-manger un jour des anguilles (je vous passe les détails de la méthode de pêche à l'anguille ...). Et que je ne pourrai pas oublier ce livre.
Frappée à un tel point que l'idée de devoir le relire me rend malade. Et que je ressens pourtant le besoin de le relire, pour essayer de répondre. Frappée aussi parce que c'est la première fois que je suis incapable de pourtant un jugement sur un livre, de me fixer. D'en parler en termes axiologiques. Parce qu'en suivant le parours d'Oscar, on ne sait jamais sur quel pied danser. Personnage égoïste ou personnage qui souffre ? On ne sait pas. On ne peut jamais se décider de façon durable.
Et il est peut-être là, le génie de Grass. D'avoir écrit un livre qui suinte l'écoeurement et que pourtant, il est impossible de refermer avant d'avoir lu la fin. D'avoir écrit un livre que l'on ne peut pas juger en termes de "j'ai aimé" ou "je n'ai pas aimé".
07 août 2008
"elle est cultivée, elle jure en cinq langues".
.... Titre hommage à Youssef Chahine qui sort cette phrase absolument génial dans un de ses films. Le drame : comme je sais jurer dans cinq langues différentes, je dois donc en déduire que je suis cultivée. Ceci annonce en quelques sortes la fin de l'humanité ... (à noter que je rentre de Grèce, que je ne suis pas encore tout à fait "Hic et Nunc" pour ne pas dire totalement désaxée et que mon côté débile, en l'occurence, prend le dessus sur le reste).
Les photos viendront plus tard. Le récit aussi. Patience, donc. (ça, c'est le côté sadique).
Eu les résultats (les notes) du concours-que-je-suis-folle-d'avoir-passé-et-que-je-consens-enfin-à-nommer-sur-cet-espace (bon, c'était l'ENS, ça, c'est fait).
Le verdict est : je suis (trèèèèèès) loin de l'admissibilité, avec :
- en allemand un superbe, magnifique et honorifique 3 et la quasi-certitude d'entrer dans les annales des putains de rapports de jury qui ne sont pas z'encore parus dans la catégorie perles. Il faut dire que quand on traduit le douanier par le laveur de carreaux entre autres explois alors qu'on connaît le sus-mentionné mot, aussi ... (le pire : j'en ris !). Le pire bis : je ne comptais pas entrer dans les perles et je ne l'ai absolument pas fait exprès.
- en histoire un tout aussi honorifique 4 (pas de perles, mais catégorie "copies indigentes" ... je savais, pourtant, qu'il ne fallait absolument et sous aucun prétexte faire un plan thématique mais chronologique).
- en latin également un superbe 4 (je hais les vers que j'ai oublié de recopier sur ma copie parce que mon brouillon était un bordel pas possible, alors que les dits-vers (divers ? d'hiver ?) étaient ceux dont j'étais sûre de la traduction et que j'avais en conséquence mis A PART sur mon brouillon pour ne pas les retouchés. Tellement bien à part que je ne les ai pas vus à l'instant critique du recopiage, ahem).
- en français-option-lettres-modernes (ça monte !) : 8 !!! J'aime La Princesse de Clèves ! (faites-moi le plaisir d'oublier tout de suite ce que je viens de dire). La grosse surprise, parce que dernière épreuve, que arrivée en dormant, que "vous êtes de plus en plus blancs!!" nos surveillantes à nous, 6 pauvres candidats égarés à Dijon), et que je pensais accessoirement avoir VRAIMENT mis n'importe quoi.
- en français-épreuve-commune-dissert' : 9 ! Yahouuuuuu (nan, pas le moteur de recherches, le cri de joie ! ). L'honneur est sauf, le contentement aussi. Mais j'ai toujours une dent contre Maeterlink et ses "paroles inutiles". Donc en sachant que seules celles-ci comptent, je vous laisse le soin de découvrir le véritable intérêt de ce message, niark.
- en philo : 8. Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii. Surprise. Avec un sujet intitulé "l'égalité", ça ne pouvait pas mieux tomber, ce chiffre étant composé de deux formes circulaires parfaitement égales et selon la théorie de blablablablablabla ...
Conclusion : Folle je suis, folle je demeurerai, c'est reparti pour un tour version l'an prochain.
Appel à témoin : recherche toute personne susceptible de me fournir une bibliographie en philo et en histoire (Ô, matière tristement maudite)...
03 juillet 2008
Style télégraphique.
[ombre et lumière]
Suis toujours en vie. Stop. Ce blog aussi. Stop. Pas le temps de poster. Stop.
Ai eu mon année. Stop. Je re-majore mention TB. Stop. Moment de grande euphorie. Stop. Et le résultat est :
Littérature française : 14
Littérature comparée : 17
Latin : 12 (et un magnifique 6 en version ^^)
Communication : 17
Grec : 17
Grammaire : 19
Phonétique : 19
Allemand : 15.75
Informatique : 11.8 (z'auraient pu m'arrondir à 12 quand même !!).
Et un grand moment d'euphorie, hurlement de joie, j'en passe et des meilleures.
Bon, j'hésitais entre prendre thème latin et histoire latine l'an prochain, je crois que la question ne se pose plus ... On va arrêter les frais, uhu ^^. En plus que j'ai cartonné au thème (qui ne sera plus là pour rattraper la version l'an prochain...),le monde à l'envers. Brefouille.
Donc je rempile pour une troisième année, options histoire latine, littérature du XXème siècle, littérature francophone africo-antillaise et ... stylistique. Après longue hésitation, je laisse l'ancien français au placard.
Catastrophe du moment : bouquins inutiles revendus chez Gibert. Bouquins pour l'an prochain déjà commencés, je suis un cas, je sais.
Catastrophe numéro deux : il faut commencer les demandes de master en décembre, et je n'ai toujours pas de sujet précisément définiiiii. L'usage des insultes en littérature et dans la langue ou l'homosexualité d'Aragon dans ses poèmes pour Elsa ? Telle est la question ... To do or not to do this subject...
En attente des notes-du-concours-que-j'ai-foiré-et-que-je-recommence-l'an-prochain (je suis cinglée, je sais...). Pas du tout en speed.
Nouvelles du moment : je suis définitivement allergique aux moustiques, j'ai les pieds qui font un remake d'elefant man et ... j'ai du mal à rentrer dans des tongs (gonflement oblige, uhu ^^). Conclusion : je suis en pleine phase de moustiquicide.
Pars en Grèce. Stop. Retour en août. Stop. A bientôt et bonnes vacances. Stop.
20 juin 2008
Hélène fait le ménage.
Avant ... Pendant ... Après ...
[draaameuh, j'ai encore perdu mon briquet...]
Moment irrationnel. Les neurones en phase d'inactivité flagrante et dans un état de vide intersidéral propre à rendre dépressif un calamar géant -hommage au calamar géant du musée de l'évolution que je dois bsolument aller voir-.
J'ai lu Viande froide cornichons. En cinq jours. C'est un drame. L'inactivité atteint un stade toujours plus croissant. C'est facile et confortable de ne rien faire, mais ne faire rien ou faire du rien demande une non-dépense d'énergie significativement épuisante. Alors j'ai mis en page le CV de Melle A., comme ça le mien est tout prêt, plus qu'à compléter avec mes infos. Et je bricole. Enfin je range.
J'ai laissé tomber l'idée de remettre en ordre mon esprit désespérément vide. Mais j'ai trié les trois mètres cube de papiers qui s'entassaient depuis un an, je me suis arraché les cheveux, j'ai rangé mes bouquins dans les cartons de bananes que mon épicier m'a gentiment conservés pour que mon proprio puisse repeindre mes murs sans repeindre mes livres en même temps. Le drame, j'ai aussi rangé les bouquins que j'étais censée revendre après mes résultats et ceux que j'étais censée lire pendant les vacances. Conclusion : je vais devoir tout défaire. Voilà comment on fait du rien. On fait, et on défait, donc on fait pour rien, et on fait du rien et de l'inutile.
J'en ai marre d'attendre mes résultats, alors je fais de la place chez moi, en attendant (de ne plus être comme une pile électrique coincée dans une boîte).
J'ai enfin récupéré un meuble pour caser mon bordel (comprendre le micro-onde et les sachets de thé).
-Hélèèèneuh, si tu veux arriver à monter ton meuble il faut visser dans le sens des aiguilles d'une montre
-je sais chuis pas débile
-non parce que ça fait cinq minutes que tu visses dans le mauvais sens là...
-...
Un autre exemple du ne faire rien.
J'ai aussi débroussaillé ma fenêtre de la plante grimpante et indigente qui la bouchait aux trois quarts. Comme je n'ai pas de sécateur, j'ai tout coupé aux ciseaux. Et comme je ne sais pas tailler une plante, j'y suis allée au pif. J'attends que le voisin s'aperçoive de la chose et se mette à hurler. Là, ce n'est pas du faire rien, mais du faire n'importe quoi, ou du il aurait mieux valu ne rien faire.
J'attends ces maudits résultats, et je réalise que je vais bientôt finir par pointer à l'ANPE étant donné les nouvelles magnifiques réformes réservées aux futurs hypothétiques profs. Conclusion, qui qu'il advienne, je ne suis pas dans la merde.
Une grande nouvelle toutefois, je viens officiellement d'obtenir mon premier diplôme post-bac, j'ai nommé ... Mon certificat informatique ! A raison de 14.33 au QCM et d'un résultat de 11.8 au total, je vous laisse la joie de calculer ma note de pratique, mouahaha. Qu'est-ce que je vais faire de ce truc, moi, maintenant, à part léguer mes cours d'info ??? (que je n'ai soit dit en passant toujours pas compris, ahem).
03 juin 2008
et tu de factu (à lire avec l'accent latin).
Aujourd'hui, j'ai ri. Nerveusement, certes. Mais j'ai ri. Pourtant, je n'avais pas du tout envie de rire. J'ai ri à cause d'une phrase. "Apprends être ado". J'ai dit que normalement, j'arrivais à un âge où on devait me dire d'apprendre à être adulte. Et on m'a répondu que ça, je savais déjà. Mais que je ne savis pas être ado. Et on m'a dit que le temps ne pouvait pas revenir en arrière mais qu'on pouvait le rattraper. Alors après, j'ai pleuré, parce que j'ai repensé à plein de choses.
Je ne me souvenais plus que c'était si difficile de parler. Je ne m'en souvenais plus parce que cela faisait mois que je ne disais plus rien. Et puis tout a débordé, j'ai pleuré, j'ai hurlé, j'ai eu mal à crever, et j'ai parlé, entre deux hurlements, je crois. J'ai murmuré, ou hurlé. Enfin j'ai dit. J'ai dit que j'y pensais depuis des mois. J'ai dit "je l'ai refait". J'ai dit que j'avais honte, que je n'en pouvais plus, j'ai dit pendant plus d'une heure, et je me suis excusée d'avoir dit. Et on m'a répondu que ce n'était pas la peine de m'excuser, et qu'il fallait dire. Mais après, je n'ai plus rien dit.
J'ai repensé, juste. Au pourquoi, au comment, au quoi, au vers quoi. J'ai pensé que je voulais arrêter mes études parce que tout le monde attendait que je réussisse et que si je faisais mes études, c'était pour moi. J'ai pensé que j'en avais marre d'avoir peur de décevoir les autres alors que je le fais pour moi. J'ai pensé que j'en avais marre d'annoncer aux autres ce que je voudrais faire plus tard et de voir leur regard déçu, l'air de dire "tu peux viser mieux".
Je me suis souvenue qu'à dix ans j'avais lu 93. Et que grâce à ça j'avais créé un lien que personne ne pouvait casser. Et des fois, je pense que c'est pour ça, aussi, que je ne dois pas arrêter. Mais je n'aime pas les vacances. Je n'aime pas ne rien faire, je n'aime pas la pluie qui tombe en continu. Je n'aime pas me sentir démunie. Je n'aime pas me sentir impuissante. Et je n'aime pas attendre passivement des résultats d'examens et de concours que la "bonne élève" doit avoir réussi pour les autres mais que l'être humain a peur d'avoir foiré, pour elle. Parce que l'être humain aime faire les choses à fond et a l'impression de ne pas les avoir faites à fond.
Je n'aime pas mon perfectionnisme.
31 mai 2008
De l'explication du fondement de la (non) existence.
Mais je ne trouve point de fatigue si rude
Que l'ennuyeux loisir d'un mortel sans étude,
Qui, jamais ne sortant de sa stupidité,
Soutient, dans les langueurs de son oisiveté,
D'une lâche indolence esclave volontaire,
Le pénible fardeau de n'avoir rien à faire.
Vainement offusqué de ses pensers épais,
Loin du trouble et du bruit il croit trouver la paix :
Dans le calme odieux de sa sombre paresse,
[...]
Nicolas Boileau, Epitres.
Hypothèse numéro un : je dois être maso.
Hypothèse numéro deux : c'est confirmé, je m'ennuie en vacances
Hypothèse numéro trois : 'Tin je veux du bouloooot ....
Hypothèse numéro quatre : je crois que je vais commencer à bosser mon programme de l'an prochain.
A part ça, je ne suis absolument pas une raleuse pleine de contradictions ...
Encore quatre mois de vacances, seulement deux jours de passés. Grand moment de solitude ...
30 mai 2008
Exa-main.
Annonce à tous les ceux qui se posent la question : je suis en vie. Enfin je ne l'étais plus, mais j'ai ressucité depuis hier 19h02 très précisément, heure officielle de la fin des exam's.
On ne peut pas dire un mois en quelques mots. Un mois d'amoncellement de papiers, de cours, de révisions, de fatigue, de larmes, de "je n'irai pas", de "ta gueule", de "foutez-moi la paix", d'emballages de bouffe et de paquets de clopes vides qui traînaient partout, un mois de ... pfiou. Le genre de truc qu'heureusement que c'est juste une fois par an parce que sinon mon niveau d'adrénaline serait tout simplement incapable de suivre.
Ca a commencé par le-concours-que-je-n'aurai-pas. Epreuves de huit heures, mort absolue à la fin de la sixième épreuve. Enfin de la première en fait, puis de la deuxième parce que la philo c'est tombé sur une notion et que normalement on pose une question et que ça faisait quinze an qu'ils avaient pas fait ça paraît-il. Puis la litté personne n'a compris le sujet -enfin ceux à qui j'ai demandé-, puis après j'ai traduit le "douanier"par le "laveur de carreaux" en allemand (faut pas chercher ...), puis ça a été presque fini. Et c'était chouette, finalement. Pas de regrets, même pas d'avoir foiré. Parce qu'on était que six, que les surveillants nous ramenaient des croissants et pains au chocolat le matin parce qu'il paraît qu'on était de plus en plus blanc au fil des jours (dixit les surveillants eux-mêmes). Alors quand j'ai vu qu'on était que six, j'ai compris pourquoi on m'avait gentiment attribué la table numéro six. Au début, j'ai eu l'espoir que pour une fois ils avaient pris l'alphabet à l'envers ... Même que la madame surveillante juste derrière moi, en général elle s'endormait et le ronflait à la fin des épreuves. Brefouille.
Trois jours de repos, un jour de craquage intensif. Et je l'ai dit, enfin, ce que je n'arrivais plus à faire. J'ai parlé que je n'en pouvais plus entre deux larmes au téléphone et j'ai enfin parlé, parlé, parlé, sans contrôler les paroles, parce que ça faisait des mois que je n'arrivais plus à parler et qu'il le fallait, là.
On était le 24 mai. Départ le 26 pour les exam's à la fac. Selon mes traditions qui veulent que je foire systématiquement mes épreuves de latin, j'ai ... foiré mon épeuve de latin. Et en comparée on a eu un sujet à coucher dehors en dissert', donc pas satisfaite du tout.
En litté française le sujet était mieux. Les quarante dernières minutes, dernière à sortir, la compagne de on surveillant débarque et ils se font des papouilles devant la porte de la salle jusqu'à la fin de l'épreuve. En l'occurence, ça ne servait à rien de sortir, parce que quand j'écrivais j'avais une vue directe sur la sus-mentionnée porte qui était grande ouverte. Donc ils seraient restés dans la salle, ça n'aurait rien changé, même je n'aurais rien vu.
Pas contente de moi en grammaire, ni en phonétique. Là encore, je garde ma constance. Celle-ci voulant que je foire tous mes exams de math, et la phonétique étant des maths avec la langue .... black out total pendant l'épreuve, la panique, l'horreur, le mélange des dates, des sons, des .... franchement, traiter de [p] de labiale alors que c'est une bi-labiale, quelle honte. Pour un peu que je l'aurais accusé d'être une voyelle, ça n'aurait pas été pire...
La réponse à la question est toutefois tombée, mon prof d'allemand n'est pas sadique, juste profondément angoissé (ceci étant peut-être dû au fait qu'il n'a qu'une seule élève en deuxième année, en l'occurence moi). Du coup quand je suis sortie il m'a demande l'air inquiet si je continuais l'allemand l'an prochain. Vu mon niveau d'anglais catastrophique, j'ai dit qu'il n'avait pas à s'inquiéter, le monsieur ...
Mais on se demande quand même pourquoi il faut anonymer des copies qui ne sont absolument pas anonymes quand on est corrigé par ses profs aux exams et qu'on est le seul élève. Brefouille, encore.
Mécontente de moi en grec, moyen en comm' mais j'avais appris le cours la veille, catastrophique en informatique partie prtique (que j'avais bossé à fond). 14,33 au QCM que je n'avais absolument pas révisé. Comme tout le monde avait au maximum 6, j'ai cru que le prof allait me faire un orgasme en voyant ma jolie note calculée auomatiquement par l'ordi à l'écran qui a achevé de me massacrer définitivement les yeux, "enfin quelqu'un qui a travaillé sérieusement son cours", a-t-il dit. Alors pour ne pas le décevoir, je n'ai pas osé lui exliquer qu'en fait, je n'avais rien compris au cours et que du coup j'avais laissé tomber l'idée de l'apprendre ... Déjà que j'étais à la boure parce que je m'étais perdue et trompée de salle. Ahem.
Fin des exams après l'info'. Vacances, désarroi, je me sens vide alors je vide, j'aspire, je trie, je nettoie, je frotte, et je jette.
Résultat des courses : pas très satisfaite, huit cartouches d'encre usées, des doigts tout bleus, une consommation de cigarettes fortement réduite parce qu'on ne peut pas fumer en exam' (et quand on se rend compte au bout d'une demie heure qu'on a envie, on souffre ...), une consommation de chewing-gum en augmentation constante pendant quinze jour à cause du fait mentionné précédemment, une ampoule au majeur droit, des cauchemars de copies blanches, et je peux enfin réduire ma consommation intensive de valium.
Résultats le 26 pour le concours et les exams de fac. Tout le même jour, c'est vache, quand même, je trouve.
Je n'ai plus maintenant qu'à m'excuser platement auprès de ceux qui ont dû supporter :
-mon stress
-ma mauvaise humeur
-mes coups de gueule
-mes grognements
-mes gros mots (mais ça, c'est toute l'année)
-les mails sans réponse (tin faut que je m'y mette)
-mes "je vous envoie tous chier" (je suis vulgaire, je sais)
-mes .... cette liste est non exhaustive.
Pour continuer je remercie (quand même) :
-ceux qui m'ont dit d'y aller
-ceux qui m'ont dit que j'avais le droit de me planter (vont pas être déçus sur le coup ^_^)
-ceux qui m'ont supportée.
J'avais dit que je résisterais, mais ça me fait toujours penser à la chanson de Pierre Perret, alors je la mets, quand même. Mes neuronnes étant considérablement fatigués et affaiblis, je ne suis pls maître de ce que je dis.
L'aspect verbal en grammaire est donc blablabla ... donc l'aspect semelfactif indique un évènement ponctuel, par exemple "je meurs". Ce passage parlait-il de mon état au moment où je passais l'exam' ? ('tin mais comment j'ai osé mettre ça dans ma copie moi ???).
Le trophée.
Je viens ce soir pour ma récompense
J'avais dit-on des chances infimes
Modestement j'ai eu je le pense
Un coup de génie en tournant ce film
Je remercie l'équipe toute entière
Et le chauffeur de ma limousine
Les gars du son et ceux de la lumière
Et Marie-Jo qui a fait le casting
Je remercie l'auteur ma femme et mon agent
Et ma maman qui m'a fait si intelligent
Je n'oublie pas mon metteur en scène
Qui était cassé du matin au soir
Ni les baisers de la star italienne
Qui aimait mieux l'ail que les carambars
Les essayages de la costumière
Qui essayait tout jusqu'à mon divan
Je remercie ma doublure lumière
Qui se les gelait dans le mauvais temps
Je remercie la scripte le chef opérateur
La maquilleuse et bien sûr la main du masseur
Je remercie la femme de ménage
Qui me dégottait mes barbituriques
Le producteur qui trouvait dommage
Que les scènes de viol manquent de comique
Merci encore de l'aide si précieuse
De l'assistant qui gardait mon chien
Et du soutien dans les heures creuses
De la monteuse qui montait si bien
Je remercie Carmen la gardienne Andalouse
Et sa belle-sœur qui posait si bien les ventouses
Je remercie l'habileté certaine
Du stomato qui a fait mes fausses dents
Celle du cadreur qui a eu tant de peine
A faire entrer ma tête dedans
Je remercie mon attaché de presse
Et le public qui m'ont dit génial
Même le critique qui écrit sans tendresse
Que je serai mieux dans le rôle du cheval
Merci aux photographes aux membres du jury
Et au coiffeur qui m'appelait toujours mon chéri
Ce beau trophée enfin je le partage
Avec mon psy qui est mort d'épuisement
Ma partenaire fumace qu'au montage
On ai sucré la moitié de ses plans
Je serai ingrat d'en profiter seul
Et j'attribue leur part de gâteau
Aux nominés qui font tous la gueule
Aux cascadeurs qui sont à l'hosto
Je remercie encore ma femme et mon agent
Et ma maman qui m'a fait si intelligent
Pierre Perret.
27 avril 2008
Vas, cours, vole et survis ...
Je réécris Corneille. Je vais (à reculons), cours (en espérant trouver le bon endroit), vole (en essayant de ne pas m'écraser en route). Mais je ne suis pas sûre d'arriver jusqu'à la phase "survie". C'est là que le "nous venge" intervient. Mais je ne sais pas encore très bien comment ...
Je ne veux pas passer ce concours. Et je sais que si je ne le passe pas, je le regretterai toute ma vie. Pas prête, pourtant. Alors transformation en taupe, je creuse, je creuse, creuse, ....
Extraits :
-je stresse ...
-Oui c'est normal ... mais un peu plus de trois semaines avant ça m'étonne de toi, d'habitude tu stresses plus tôt !
-Aaaaahhh 'spèce de nouille faut pas me rappeler que c'est dans moins d'un moiiiiis maintenant je stresse encore plus (c'était il y a très précisément une semaine).
-Oui bonjour c'est madame Machin du rectorat je voulais savoir si vous vous présentiez blablabla pour organiser la surveillance pour votre tiers temps ...?
-Ah bon je l'ai ????
-Bah vous étiez pas au courant ???
-euuuh non ... enfin oui j'me présente je m'amuse pas à me taper l'histoire du vingtième siècle en trois volumes et l'histoire de la France contemporaine en douze volume par pur masochisme ....
Ca, c'était ce vendredi matin. Et j'ai réalisé que j'avais lu le tiers du premier volume de l'histoire du XXème, alors désespérée je me suis rabattue sur l'abrégé de l'histoire du XXème (très abrégé d'ailleurs ...).
Toute personne prononçant les mots "15 mai" risquent de provoquer chez moi une crise d'hystérie angoissée.
Toute personne faisant allusion aux exams de fac risque de provoquer la même réaction, parce que tout s'enchaîne sur une période de 14 jours précisément, trois jours de repos top chrono (à quand la journée de 36 heures ..?).
La bonne nouvelle là-dedans? J'ai appris qu'il y avait des couloirs de bus dans un ordinateur et je comprends enfin ce qu'a pu ressentir Dostoïevski le jour où il fut grâcié. Le rapport ? Aucun, mais si en plus tout devait avoir une relation logique de telle sorte que l'existence de dieu peut être prouvée selon un argument géométrique qui néanmoins le réduit à une créature nécessaire mais non sacrée et que ça n'arrange pas mes affaires parce que le fait que le [b] intervocalique se soit spirantisé en [B] au premier siècle est un évènement purement contingent mais non pas fortuit qu'aucun raison métaphysique ne peut ... aaaaahhhhhhh, achevez-moââââ.
12 avril 2008
Bouquins et chaussettes à pois.
Et la question du jour est ... "Pourquoi croire?".
J'ai réfléchi. Et j'ai pensé croire en quoi, croire comment, croire en qui. Qu'est-ce que croire? Et puis j'ai envoyé Nietzsche, Heidegger, Hume et leurs copains valser à l'autre bout de la pièce pour conclure dans ma tête que croire, au sens large du terme, n'était qu'une illusion pour se rassurer et se fondre dans une communauté tout aussi illusoire en laquelle, de toutes façons, on ne croit pas. Enfin ça, je ne l'ai pas écrit. Je n'ai rien écrit d'ailleurs. J'ai juste eu envie de baisser les bras en pensant qu'il ne restait qu'un mois, que c'était de la folie tout ça, que le doute perpétuel c'est bien joli mais que ça n'arrange rien, et que, et que, et que ... la vérité n'est qu'une illusion nécessaire, tout comme la liberté, et à partir de là, on est bien dans la merde.
Alors non, je n'ai rien écrit. Je n'ai pas commencé, parce que je me suis juste dit qu'à ça, je n'y croyais pas. Et que c'était en moi que je ne croyais pas. Et j'ai décidé que je ne pouvais pas répondre à cette question, que ce soit d'un point de vue philosophique ou non. Sauf que, de toutes façons, il faudra bien que j'y réponde.
Berstein et Milza me gonflent profondément. Je viens de tuer la quatrième République à coup de livres entre deux recherches sur la cybernétique et le principe du feedback plus communément appelé rétro-action. Merci gougueule de m'avoir apporté des explications complémentaires qui n'ont rien complété du tout puisque je n'ai, de toutes façons, pas compris.
Je re-re-re-relis Lorenzaccio. On me dit relax et je réponds ta gueule. Je doute, encore, toujours. Encore plus depuis que j'ai "le" but. Et que je sais pourquoi je fais ça.
Il y a trop de choses. Trop de trop. Alors couper le téléphone, mettre èmèssène en sourdine, Inter à fond mais la station déconne à Dijon, ouvrir un livr, le reposer, en prendre un autre, reprendre les notes, refaire les piles qui se cassent la gueule, regarder l'heure, chasser les chats des voisins, écraser -encore- un escargot, oublier de manger, de dormir, de penser, d'être et de vivre. Et respirer un grand coup, pleurer, tout envoyer bouler et recommencer ce qui n'a pas de fin, un programme pantagruélique duquel je n'arrive désespérément pas à trouver la -pas très- substantifique moëlle. Le 29 mai, tout sera fini, mais tout reprendra, pour l'an prochain.
La France ou le monde ? Le théâtre ou la critique ? Le latin ou l'allemand ? Rien ou rien ? Pour l'instant, tout, trop de tout. Beaucoup trop.
Je hais les exams, je hais les concours. Je hais la pluie en avril, et je hais les piles de révision.
A part ça, tout va bien.
Merci pour le génie Rostropovitch. Melle. Au., pas eu le temps de répondre à ton gentil mail mais il a croisé ma lettre qui partira euuuh ... lundi ! Enfin dès que je trouve le nombre suffisant de timbr, uhu.
C'est le bordel, mon appart' ressemble à un après-cataclisme, je n'ai ni le temps ni l'envie de ranger et je n'ose plus faire entrer personne chez moi.
Il faut que je pense à ré-alimenter le frigo. A passer le coup de fil au proprio, à arroser le lierre qui est en train de crever, que je me calme, surtout que je me calme. J'en parlerai à mon valium ...
09 avril 2008
Négaposivité.
J'aime les fraises et la crème chantilly. J'aime les framboises au nutella et la mousse au chocolat avec du camembert. J'aime le bruit de la pluie au bord de la mer. Le soleil à une terrasse de café. La musique et les concertos pour violoncelle de Bach.
J'aime quand le téléphone décroche au bout du cinquantième appel. J'aime moins quand je dois refaire cinquante tentatives parce qu'on m'annonce que je me suis trompée de service.
J'aime bien les myosothis. Passer pour une débile en prenant un micro dans une manif' ouvrir un paquet de cigarettes neuf.
Des fois, j'oublie ce que j'aime. Parce que le j'aime pas dépasse. Parce que je ne sais pas dire j'aime, ni à quelqu'un, ni à quelque chose. Et je n'aime pas tout gâcher.
Je n'aime pas les sujets de dissert' tordus de mon prof de comparée qui met 14 parce que "on voit que vous ne saviez pas quoi faire du sujet mais vou avez eu le mérite d'y réfléchir". Je n'aime pas les trois piles de un mètre de haut à apprendre, et j'aime encore moins penser que je suis censée tout connaitre pour le 15 mai. J'aime encore moins penser que je ne connais rien.
J'aime une personne qui m'a reproché un jour de ne jamais parler d'elle ici, et je ne sais pas lui montrer. Je n'aime pas ne pas savoir. J'aime la vie mais je pense à la mort parce que je voudrais savoir vivre.
Ce post n'a aucune utilité. Mais je cherche toujours la vidéo de Rostropovitch jouant du violoncelle devant la chute du mur de Berlin, désespérément. Et là, je déteste ne pas trouver. Si une bonne âme passe par là ...











