... Lénouche ...

"J'oublie où je me trouve lorsque j'écris", Vassilis Alexakis

30 septembre 2008

Nuit verte, mode d'emploi.

cache_365x312_shadok_vert_2_365x312

Je n'aime pas l'expression "nuit blanche". Le côté oxymore est joli et rend bien, mais il n'est pas assez explicite. Parce que même quand on ne dort pas, d'un point de vue purement pratique, la nuit reste noire (bleu foncé). En fait, c'est la couleur qui cloche. Nuit verte, ce n'est pas beaucoup plus juste, mais si on associe la couleur gazon à l'angoisse, ça rend déjà mieux les joies de l'insomnie.

J'ai arrêté de compter. J'ai arrêter de lister le nombre de nuits où je n'ai pas dormi parce que je ne sais plus depuis quand j'ai réussi à m'endormir avant six ou sept heures du matin. Mais je vais bien, très bien. Je ne pleure pas devant les autres et je ne dis même pas que je souffre.

Passez des heures à vous retourner dans tous les sens. Regardez l'heure toutes les trente minutes. Angoissez à l'approche du matin. Contrôlez la prise de valium pour ne pas trop dépasser la dose, quand même. Lisez La Politique d'Aristote dans le texte. Comptez les moutons. Tapez-vous la tête contreles murs. Ressassez. Ne pensez plus à rien. Faites trois fois le tour de votre appart' en courant pour vous épuiser encore un peu plus, pour crever un corps qui n'en peut plus de fatigue et refuse de dormir. Maudissez le monde entier. Fumez une cigarette, mangez des gâteaux levez-vous, recouchez-vous, faites tout ça en une nuit, multipliez le par X nuits, et vous aurez une idée de l'angoisse et de la lourdeur d'un corps qui ne dort pas.

J'attends la reprise des cours et j'ai peur de l'année licence. Parce qu'on me demande un sujet de mémire pour décembre, parce que "sur Aragon" c'est trop vaste, parce qu'après la licence les choses deviennent carrément chaotiques et décisives pour un avenir incertain. Quand l'ophtalmo -on applaudit j'ai des lunettes- m'a dit que je verrai enfin le monde plus net, je n'ai pas osé lui dire que c'est ma vie que j'aimerais voir plus claire. Et je ne le dirai pas, même si je le pense.
Alors on m'a conseillé "les boissons minérales et gazeuses dans l'oeuvre d'Aragon", mais je doute qu'un prof accepte de cautionner ça. Résultat, je suis dans la merde.

Bientôt, théâtre avec Melle. L. J'attends, avec impatience. En attendant, le résultat d'un nombre incalculable d'heures d'insomnie m'a donné un résultat sur la question du "comment en vouloir à La Voisine tout en conservant la réactivité d'un bigorneau".
Réponse :
- Elle "m'emprunte" tout un tas de trucs sans me prévenir et "oublie" de me les rendre ou le fait des mois après
- Elle refuse de faire couper son chat
- Le dit chat vient tout le temps, en conséquences pisser chez moi
- Quand je viens lui dire elle me répond d'un air ahuri "bah ... je suis désolée". Et moi donc.

Que quelqu'un prenne une massue ou un gourdin et m'assomme, par pitié ...

Posté par lenouche à 03:35:09 - Lénouche - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


31 août 2008

Profanation.

DSCN2460

J'ai été taguée. Et je viens de découvrir que "taguer" signifiait "passer le relai".
La chose tombant bien, étant donné que ma cuisine vient d'apprendre qu'il n'était pas recommandé pour elle que j'oublie un oeuf dans une casserole sous peine d'être entièrement repeinte par cet abruti d'embryon ovoïdal.
Le thème reste donc dans le domaine "cuisine"; je dois être maudite.

(Si quelqu'un me rapporte un calamar géant vivant et qui tient dans ma douche, je le vénère jusqu'à la fin de ma vie et promis, je ne le cuisinerai pas ... ).

1) Qu'aimez-vous le plus cuisiner ?

Spontanément les plats tout prêts qui coûtent une fortune et que, donc, je ne fais jamais, mais qui ont l'avantage d'éviter de cuisiner quand on a les moyens d'en avoir. En deuxième place les surgelés qui présentent le même avantage mais je n'ai pas de congélateur. Donc les nouilles, puisqu'elles représentent 90% de ma cuisine et que je ne sais faire que ça à peu près correctement.


2) Laquelle de vos réalisations a reçu le plus de suffrage ?

... des pâtes aux légumes ...


3) La recette que votre entourage vous réclame le plus ?

"Surtout ne t'embête pas, hein ! j'ai à manger chez moi je ramène ce qu'il faut ... ou alors tu préfères descendre au kébab..?". Conclusion : la recette de ma non-cuisine.


4) Votre petit-déjeuner préféré ?
 

Chocolat-jus d'orange-tartines de pain frais beurrées avec de la confiture d'orange ou de myrtilles... Je dois petit-déjeuner trois fois par an en tout, hélas...


5) Votre restaurant ou pâtisserie préféré(e) ?

Marco Polo (pizzeria) en resto. La pâtisserie ... je ne sais pas.


6) Votre aide la plus précieuse en cuisine ?
 

Les recettes sans huile dans une poële qui menace de gicler partout et d'ébouillanter toute personne se trouvant à moins de trois mètres de là. Sinon, qu'on me laisse faire ma tambouille toute seule. Sinon, risque d'énervement et de panique immédiate, et de cramage, ratage, et autres joyeusetés ...

Prochain post : recette de textes latins mijotés avec une lecture assidue.

Et je passe le relai à qui veut.

Posté par lenouche à 23:11:01 - Lénouche - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 juillet 2008

Style télégraphique.

DSCN0121

[ombre et lumière]

Suis toujours en vie. Stop. Ce blog aussi. Stop. Pas le temps de poster. Stop.

Ai eu mon année. Stop. Je re-majore mention TB. Stop. Moment de grande euphorie. Stop. Et le résultat est :

Littérature française : 14
Littérature comparée : 17
Latin : 12 (et un magnifique 6 en version ^^)
Communication : 17
Grec : 17
Grammaire : 19
Phonétique : 19
Allemand : 15.75
Informatique : 11.8 (z'auraient pu m'arrondir à 12 quand même !!).

Et un grand moment d'euphorie, hurlement de joie, j'en passe et des meilleures. 

Bon, j'hésitais entre prendre thème latin et histoire latine l'an prochain, je crois que la question ne se pose plus ... On va arrêter les frais, uhu ^^. En plus que j'ai cartonné au thème (qui ne sera plus là pour rattraper la version l'an prochain...),le monde à l'envers. Brefouille.
Donc je rempile pour une troisième année, options histoire latine, littérature du XXème siècle, littérature francophone africo-antillaise et ... stylistique. Après longue hésitation, je laisse l'ancien français au placard.

Catastrophe du moment : bouquins inutiles revendus chez Gibert. Bouquins pour l'an prochain déjà commencés, je suis un cas, je sais.
Catastrophe numéro deux : il faut commencer les demandes de master en décembre, et je n'ai toujours pas de sujet précisément définiiiii. L'usage des insultes en littérature et dans la langue ou l'homosexualité d'Aragon dans ses poèmes pour Elsa ? Telle est la question ... To do or not to do this subject...

En attente des notes-du-concours-que-j'ai-foiré-et-que-je-recommence-l'an-prochain (je suis cinglée, je sais...). Pas du tout en speed.

Nouvelles du moment : je suis définitivement allergique aux moustiques, j'ai les pieds qui font un remake d'elefant man et ... j'ai du mal à rentrer dans des tongs (gonflement oblige, uhu ^^). Conclusion : je suis en pleine phase de moustiquicide.

Pars en Grèce. Stop. Retour en août. Stop. A bientôt et bonnes vacances. Stop.
   

Posté par lenouche à 18:47:36 - Lénouche - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 février 2008

Questionnaire à choix unique.

ArturoHome

Bribes de conversations saisies dans la rue, au hasard. Je ne m'en souviens plus. Ce n'est pas grave.

Qu'est-qu'un poème? Dans quelle mesure le temps nous appartient-il ? Le spectateur contemporain ne mérite plus le choeur. Au choix. Au découragement, un peu. En retard, beaucoup. Et merde, Cicéron n'aurait pas dû utiliser du subjonctif, et la troisième République ne colle pas. Thiers était un con, mais il faut le dire de façon neutre, il paraît. De là à rédiger de l'allemand en latin , il n'y a qu'un pas. Ou alors on arrête tout, et on ne recommence pas. Cela veut dire, je n'y arriverai jamaiiiiis.

Régler les trois prochains jours en speed au téléphone. "tu peux m'héberger une nuiiiit ?" "mardi de 16h à 18h ?" et blablabla. Et puis tout annuler. A faire. Ca ne sera pas possible. Parce que rien n'est possible, là, dans la tête. Rien d'autre que de partir très loin.
Réussir de temps en temps à essayer de glisser ou de sous-entendre qu'on est malheureux, entre deux "'tin, j'ai fait crever mon bouquet de menthe" et "ahhhh hoorreuuurrr, j'ai encore trop fait cuire les pâtes". Frapper à 22 heures. Aleeeexxxxx', j'ai besoin de mon huile d'oliiiive. Récupérer la chose chez la voisine, considérer la bouteille à moitié vide pendant une bonne dizaine de minutes, et transformer le besoin urgent cause steack de thon dans la poële en besoin à repousser. Alors ranger le steack, l'huile, et ne rien faire. Je ne mangerai pas. C'était hier soir, ou presque. Je ne sais plus.

En une semaine, envoyer successivement balader trois démarcheurs téléphoniques. Non, je ne suis pas intéressée pour une assurance vie. Non, je ne veux pas de pâtes italiennes bios à 15 euros le paquet. Non, je ne veux pas chager d'offre internet même si ça plante tout le temps. Horreur, mais où est-ce que tous ces individus ont pu attraper mon numéro?

Penser à renvoyer à la fac le papier d'inscription pour les exams. Penser à les passer, les exams. Arrêter de pleurer. Arrêter de.
Ce matin, je me suis endormie. Et cette après-midi, je me suis dit que je n'avais plus envie de vivre. Mais je ne suis pas sûre, encore une fois. Alors j'ai juste donné un coup de poing dans un mur. Parce que.

Posté par lenouche à 19:57:00 - Lénouche - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 février 2008

De nouveau ADF.

ident111

Il y a des choses qui ne se racontent pas. Parce que ce n'est pas possible. Et pourtant, ça ne veut pas dire que ces choses ne doivent pas être vécues.
Il y a aussi des choses qui ne servent à rien. Sauf à être racontée. Finalement, c'est l'inutile qui fait rire. Ou qui donne un fond.

Je fus SDF pendant dix jours. Depuis hier soir, je suis à nouveau ADF (Avec Domicile Fixe). Parce que le peintre qui devait refaire le plafond est parti. Et parce que j'ai pu libérer ma voisine de ma -bordélique?- présence.
Pour comprendre, il faut repartir depuis le début. Enfin pas trop, quand même. Juste rappeler que le mÔsieur devait venir depuis six mois pour refaire le plafond qui avait été inondé. Sauf que comme il était mal luné, il s'est trompé de plafond. Alors au lieu de détruire le plafond moisi, il a détruit celui de l'autre pièce, qui éait en parfait état. Du coup, maintenant, j'ai deux plafonds neufs. Juste pas eu de toit pendant dix jours. Parce que comme des fois il ne pouvait pas se garer, il ne venait pas. Et ça a pris du temps.
Puis est venu le temps du nettoyage. Parce qu'en plus qu'il n'a pas protégé les murs pour repeindre les plafonds, il n'a pas mis de bâche et tout l'appart' s'est retrouvé recouvert de poussière de plâtre. Ceux qui ne connaissent pas n'ont qu'à tester la chose. Trois jours de ménage.

En fait, on s'en fout. J'voudrais juste oublier cet épisode. Mais je sais juste que je ne sais pas. Que je réalise. "Nul ne peut délibérément renoncer au nom d'humain", dit Edward Bond. Des fois, j'y pense de plus en plus. A tout plaquer et à retourner à Paris. Parce que je ne peux plus. Je ne veux plus voir personne. Parce que je sais juste que je ne sais pas.

J'me dis "je vais enfin pouvoir rebosser tranquille". En fait, je n'y arrive pas, à bosser. Je ne vois plus l'utilité, parce que je ne vois plus le bout.
J'ai eu 12.5 en philo. Et 10 en grec. Je sais que si je tape ça à l'écrit, je gagne un ticket pour l'oral. Et que j'ai une chance. Et cette chance, plus je la vois s'approcher, plus je la fuis. Je dis que ce n'est pas possible. Ou alors, je me dis que je ne peux pas. Que je vais prendre la place d'un autre. Que je ne suis pas capable. Que tous les autres le sont, mais pas moi. Alors que je ne peux pas décrocher ce ticket pour l'oral.

C'est juste trop, peut-être.

A la fac, j'me suis encore perdue en allant à la médecine préventive. Quand j'ai demandé à retirer le certificat, la dame m'a dit de m'asseoir. Et m'a tendu un mouchoir. Mais j'ai répondu que si, si, ça allait. Et que je pouvais reprendre mon bus. Je ne voulais pas voir ma tête. J'ai pris le certificat, je l'ai mis dans l'enveloppe, et je l'ai posté. Après, j'ai réalisé que je l'avais envoyé à la mauvaise adresse, et je m'en suis foutu. Parce que je n'en voulais pas de ce certificat.

Je ne comprends plus les autres. Et je ne veux pas qu'ils me comprennent. Surtout, je ne veux pas justifier mes réactions. Parce que je ne veux rien devoir. Parce que.
On m'a offert un sourire. J'ai juste retenu ça. Et puis j'ai pleuré. Parce que j'ai vu que nul ne pouvait délibérément renoncer au nom d'humain.
 

Posté par lenouche à 23:40:44 - Lénouche - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 janvier 2008

Une trentaine d'heures plus tard.

350px_Le_songe_de_la_raison

Ne pas voir passer la journée. C'était ça le mot, en gros. Ou l'idée. Juste ne pas la voir. Juste dormir. Juste avoir ce qu'il faut pour, et savoir comment doser pour. Pour dormir suffisamment longtemps.

Après, on se dit "plus jamais", à chaque fois. Et sur le coup, plus rien n'a d'importance. Juste ne pas voir la journée. Juste un sommeil de fuite, de pure fuite. Et la souffrance qui accompagne. La souffrance physique, purement physique, parce que la tête, elle n'est plus en état de penser ou de sentir quoi que ce soit.
Juste la souffrance de sentir son corps, et la loudeur qui accompagne ce corps. La souffrance qui accompagne chaque mouvement, chaque tentative pour écarter les doigts comme on ouvrirait inlassablement une porte qui grince. La souffrance aussi de la bouche, qui est sèche, qui a soif, qui réclame à boire, une bouteille d'eau qui est trop loin. La souffrance enfin des yeux qui pèsent trop pour pouvoir s'ouvrir sans effort et pour réussir à supporter la lumière qui pointe dans la pénombre sans se plisser.
La souffrance, peut-être, tout simplement du corps qui n'en peut plus.

La chute, on doit appeler ça.

J'ai réalisé qu'on était lundi, et pas dimanche. Au milieu de la journée, ou après.
J'ai bâclé bouclé la phonétique. Et la comm'. Reste la philo et la comparée. Et tout le reste.

J'ai pris conscience de la fatigue, dans tout ses états. Mais je n'ai pas envie de parler.
Comme si. Je me dis que je sais pourquoi je reste en vie, mais que jene sais pas pourquoi je vis.

C'est tout le monde, mais ce n'est personne. Je vais bien, oui. Parce qu'il faut. Ou parce que.

"Soudain, j'aperçus au large un point noir sur l'Océan couleur de fer. Je détournai les yeux [...]. Je compris alors, sans révolte, comme on se résigne à une idée dont on connaît depuis longtemps la vérité, que ce cri qui, des années auparavant, avait retenti sur la Seine, derrière moi, n'avait pas cessé, porté par le fleuv vers les eaux de la Manche, de cheminer dans le monde, à travers l'étendue illiitée de l'Océan, et qu'il m'y avait attendu jusqu'à ce jour où je l'avais rencontré. Je compris aussi qu'il continuerait de m'attendre sur les mers et les fleuves, partout enfin où se trouverait l'eau amère de mon baptême.  [...]. N'entendez-vous pas les cris de goélands invisibles ? S'ils crient vers nous, à quoi donc nous appellent-ils ?"

Albert Camus, La Chute.

Un jour, j'ai compris que j'étais incapable de mettre les points finaux. 

Posté par lenouche à 20:46:32 - Lénouche - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 janvier 2008

Comment dire.

DSCN1377

Ce message ne commencera pas comme ça. Ca, c'était pour contrer l'évidence et la fatalité qui démontrait que si, il commencerait forcément comme ça. C'est pas grave. Juste des mots pour ne rien dire. Pour rien. Parce que tout ça a tellement d'importance que ça n'en a plus, finalement, de l'importance.

Comme si rien n'allait jamais de soi, je me suis dit que 2008 ne pouvait pas être fondamentalement pire que 2007. Comme depuis environ cinq ans. Et puis finalement, la grosse angoisse de l'année, c'est que les cafés sont définitivement devenus non-fumeurs, que c'est une catastrophe, et que les discours anti-tabac commencent à me plomber. Même la page d'accueil du serveur couleur agrume vous agresse avec de la pub pour arrêter de fumer. Alors cynisme plus ou moins latent oblige, je me suis dit qu'il valait mieux mourir d'un cancer du poumon à plus long terme que d'une pneumonie durant les mois d'hiver, parce que obligée de sortir sur le trottoir. En réalité, la débilité apparente de ces propos cache -je tiens à le préciser- un profond sentiment de désabusement et de dégoût.

C'est là que la logique échoue lamentablement sur la matière grise -et enfumée- de mes neuronnes. Parce que malgré le sus-mentionné sentiment, j'ai envie de dire des choses. Que je ne sais pas dire. Alors on retombe dans le vide existentiel du quotidien. Qui en ce moment se limite à "j'ai oublié les règles de l'optatif", "la dissert' sur la princesse de Clèves est quasi-bouclée mais j'ai juste oublié de faire un plan" et "prochain sujet, peut-on penser sans les mots ? -amateurs de philo, si le coeur vous en dit...". Et par dessus le tas, un "et merde j'ai oublié la grammaire pour le 9 janvier, je ne trouve pas le sujet pour l'informatique du 13, et en plus les peintres doivent venir envahir mon appart' et ça va être le chantier pendant une semaine". A part ça, ma vie n'est absolument pas asociale, absolument pas monotone, et ne tourne absolument pas autour des cours. Juste, je réalise que j'ai très exactement un an et demi pour réussir ce foutu concours que je n'aurai jamais mais qu'il est absolument vital pour la survie de mon espèce -comprendre de ma personne- que j'obtienne. Et merde.
Et à part ça, réaliser. Que je déteste une vie qui pourtant en vaut la peine. "Que la vie en vaut la peine", disait Aragon. "Malgré ces nuits passées à regarder la haine". Je n'oublierai jamais ce poème, je crois. Jamais.
Parce que. J'ai voulu, il y a quelques jours très exactement. J'ai failli. Et je n'ai pas pu, alors j'ai reposé cette foutu lame, j'ai donné un coup de poing dans un mur et je me suis effondrée. Et j'ai chialé pendant une heure en pensant que j'allais crever de douleur à force de pleurer. Et en pensant que "malgré ces nuits sans fin à regarder la haine", que malgré ça, "que la vie en vaut la peine". 
Envie de dire merci à Melles A. -les 26 lettres de l'alphabet font que mon champ d'initiales est assez réduit et que parfois plusieurs se recoupent-. De dire à certaines Melles. qu'elles me manquent. De dire que merde, à la vie. Et de ne plus penser que j'ai failli mourir. Et zut, je n'ai toujours pas bouclé ce foutu article pour les jeunes correspondants de l'humanité.

Envie surtout de dire, là, à une Melle., que moi aussi je détestais la vie. Mais qu'elle en vaut la peine, des fois. A cause des moutons, des chaussettes, du fromage de la Grèce, de la haine et des conneries. Et pas envie finalement de souhaiter une bonne année, parce que ça veut dire qu'il faut être conventionnel. Et parce que je préfère souhaiter une bonne journée, comme ça, gratuitement, qu'une bonne année, comme ça, par obligation. Surtout si c'est pour la souhaiter à des gens qui m'emm******. Alors tout se mélange.

Nota Bene, quand même. Face à la rébellion de certains commentateurs que je ne dirai pas que je hais -ceci est une figure-de-style-dont-j'ai-honteusement-oublié-le-nom-, je mets LA photo.
C'est une prétérition, je crois, la figure. Enfin la mienne, un oeuf de Pâque, là-dessus. Mais je m'incline à la majorité, et je conclus que si un jour je dépasse mon statut de simple étudiante profondément anonyme, je ferais un très, très mauvais dictateur. Dommage, ça m'aurait bien plu, comme boulot, dans le genre. Uhu. --> Je me cache.

Posté par lenouche à 01:48:06 - Lénouche - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 novembre 2007

No sens.

DSCN1344

Parce que. Je ne sais toujours pas.
Tout cela n'a pas de sens. Ou en a trop.
Dormir, dormir, dormir. Dire "non aujourd'hui je ne peux pas, oui oui, demain". Et le demain en question, redire la même chose. Et toujours, chaque demain. Tout ça n'a aucun sens.

Anesthésiée, c'est un peu le mot. Anesthésiée par l'envie de pleurer, alors finalement rien qui sort. Anesthésiée par l'envie de gueuler et d'envoyer ch*** tout le monde. Alors ... alors finalement se planquer sous la couette en se disant que non, je ne retombe pas la dedans, ce n'est pas possible, je ne peux pas. Ou plutôt je ne veux pas, non. Je refuse de replonger dans un état d'abattement constant. Alors si si, je dis que ça va, que je suis juste un peu triste, pour ne pas inquiéter les autres. Ou surtout ne pas m'inquiéter moi, je crois ... Je ne sais pas. Non, ça n'a pas de sens.

Juste des peurs. De la douleur. Je ne sais pas , je ne sais plus.

Une semaine pour faire une dissert' de comparée qui aurait dû prendre trois jours, et une semaine avec un prétexte "je ne suis pas libre aujourd'hui". En fait, c'est mon prétexte. Que je me donne à moi plus qu'aux autres. C'est plus facile de se donner l'étiquette "je bosse" que l'étiquette "je suis trop triste". Aucun sens. Juste irrationnel, totalement. Et d'autant plus que... que je ne sais pas quoi. Que je vois venir, que je vois les choses, et que je n'arrive pas à esquiver. Incomprhensible, parce que peut-être trop consciente. Je ne veux pas savoir, là.

Rassurer. Finalement, rassurer l'autre. Dire que non non pas de panique, je vais bien. Et penser laissez-moi crever. Ou pourquoi. Ou rien.
Parfois, vouloir ne plus vivre comme ça. Mais sans vouloir mourir.

Est que quand Aragon dit "il s'assit dans cette campagne et ferma les yeux pour toujours" il pense à quelqu'un qui est mort ? Ca n'a pas de sens non plus, de poser cette question. Mais le fait est. Que je n'ai jamais vraiment imaginé un mort dans cette image. Juste quelqu'un qui dort, et qui se réveillera quand ça sera supportable.

Tout cela n'a vraiment aucun sens.

Et là dedans, pourquoi ce besoin insoutenable de hanger tous les meubles de place et d'essayer de bouger des bibliothèques bourrées à bloc ..?

Posté par lenouche à 17:47:00 - Lénouche - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 octobre 2007

hum.

DSCN1311

Ca commençait bien, déjà.
Vouloir envoyer un mail, et ne pas le faire. Parce que.
Se dire que ça n'a pas de sens, tout ça.
Sourire en pensant "je n'ai pas repris les cours, je n'ai jamais arrêté".
Penser que... Je voudrais y retourner. Revoir Athènes. Revoir la yiayia. Reprendre le bateau. Mais sans le retour, cette fois. Peut-être. Repartir, tout simplement.

Alors je compte, les jours. Ou les mois. Après la licence. Dans deux ans, peut-être. Ou cet été, si seulement. Mais ça reste utopique.
Le genre de pensées qu'on a, et qui restent dans la case pensées pendant trop longtemps.

Lorenzaccio avait perdu sa foi en les hommes. Et ses illusions. "Des mots, toujours des mots, qui enfoncent des portes ouvertes". Serait-ce là le problème ? Le trop peu d'action ? Et pourtant.
Je n'aime pas trop Musset. Mais il devait être un brin obsédé par les portes. "Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée", elle disait, une de ses pièces. Et finalement, la phrase se retrouve d'une façon beaucoup plus logique chez Giraudoux, quand on se demande s'il faut faire la guerre ou non, à la fin.

Oui, ça commençait mal.
La montre qui dit "merde, il est moins l'quart". Le sprint du siècle dans les couloirs de Châtelet, un bond d'au moins cinquante centimètres dans le wagon de métro , et rebelotte à Odéon , ligne dix direction -j'ai encore oublié- et étalage en plein milieu du couloir à la sortie de l'esclator. Put*** mon lacet s'est défait, et m**** j'me suis tué le genou.
Record battu, treize minutes et cinquante secondes exactement pour arriver à dire trois mots -et me taper quarante minutes d'attente-.
Alors j'ai enfoncé des portes ouvertes, en fixant tour à tour celle du bureau -qui était fermée- et mes mains -fermées aussi-. J'ai entendu le mot dépression. Entendu, parce que comme si c'était ailleurs. Comme si les mots que je disais n'étaient plus contrôlés. Comme un long monologue à voix haute, avec un inerlocuteur qui avait du mal à en placer une.
Ca fini mal, aussi. Parce que j'ai pleuré. Mais je m'en foutais. Ca non plus, je ne contrôlais pas. Je crois.

Il y a trois mois, j'ai lu les deux volumes des Pièces de guerre. Comme personne ne connaît en général, je dis que c'est bien mais sans m'étendre.
A la fin du troisième volume, la femme refuse la civilisation. C'était révélateur. Surréaliste, mais révélateur de l'anonymat. Les deux bouquins semblent se passer dans une dimension parallèle. Et pourtant pas si éloignée.
Parce que les personnages n'ont pas de prénom. Juste des fonctions. Le fils, la femme. Le monstre, aussi. Le plus humain de tous, peut-être. C'était frappant.

Alors en attendant. Continuer les versions d'un prof d'allemand qui doit être fortement dépressif ou réellement sadique.
L'an dernier, on est allés dans un ordre -relativement- croissant. D'abord, ça a été la mort du pape. Suivie de la recrudescence du suicide, du tsunami, de l'explosion de la centrale nucléaire, des émeutes en Pologne... Pour aboutir à la fin du monde, au dernier texte.
Cette année on traduit un roman raconté par une vieille femme totalement dépressive, limite suicidaire, qui vit en ermite chez elle et qui livre ses pensées. Logiquement, à la fin de l'année, on finit dans le même état ... A supposer qu'on ait survécu.

Alors voilà. Pas de conclusion.
A force de réflexion, j'ai trouvé l'endroit où je me sentais le mieux. J'y retournerai, je ne sais pas quand. Parce que c'est loin, mais c'est à côté. Ce n'est pas la question.
Je défends la légitimité de ma position en disant que si, j'ai une vie sociale. Tout en sachant qu'elle est réduite. Mais des fois, je me demande si le mot qui sonne le plus faux, c'est le mot social... ou le mot vie.

Posté par lenouche à 01:03:29 - Lénouche - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 octobre 2007

Cogito ergo (non?) sumus.

couv12796r_8737d

Parce que j'avais envie mais que je n'avais rien à dire. Parce qu'il était 2h50 du matin, et que je ne voulais pas dormir. Parce que je voulais crier des mots, et des questions. Et des inquiétudes. Et tout.

Excessive, on le dit souvent. Quand on me demande si j'ai repris la fac, je souris souvent, intérieurement. Parce que je pense "je n'ai jamais vraiment arrêté". Au fond, j'ai juste reçu des nouveaux cours.
Quand on me dit "tu bosses trop", je pense non, ça me passionne. Et c'est vrai. Mais toujours la question, où ça va mener, tout ça ? Et l'autre crainte, "je n'y arriverai jamais". Parce que rien que les intitulés des cours, ça fait peur.

Parce que. Normalement, on avait juste la Princesse de Clèves. Et horreur, en découvrant le fascicule, je réalise que non, on se tape Tout l'oeuvre de MdF (comprendre Madame de la Fayette). Horreur, le pire cauchemar qui pouvait arriver.
En plu que comme ils avaient oublié de m'envoyer une page, j'ai dû appeler la fac en catastrophe "euuuh oui c'est normal que ça coupe en plein milieu d'une phrase ?? ah nan ? y'a neuf pages ? oui, j'veux bien que vous me refiliez le cours en entier ^^". Deux jours après, la chose arrivait.
Et en plus que j'éprouve une antipathie quasi-pathologique pour mon prof de litté. française. Mais si, ça me passionne, quand même. Parce qu'un livre, c'est plus que ça. C'est tout, comme une mini histoire des moeurs et de l'humanité. Pour moi.
Et un mini histoire personnelle, de chacun. Aussi. Avec toujours des trucs géniaux. Et des trucs qe l'on peut prendre un plaisir malin et particulièrement sadique (niark, niark, niark^^) à détruire. Ou quand vraiment, vraiment, malgré tous les efforts du monde, on ne peut pas accrocher à un auteur.

Ecrire, c'est un besoin. Et on ne sait (=je) jamais ce qui sortira, pourtant.
Lire, c'est une larme, un sanglot étouffé, ou un éclat de rire en suspens au bout de la gorge. Ou une histoire de souffle coupé, comme j'ai lu récemment chez une demoiselle qui se reconnaîtra.

J'ai relu Thérèse Desqueyroux. Depuis le temps, aussi. Et j'ai eu le souffle coupé. D'émotion. De larmes, de cris, de mots qui résonnaient partout. De beauté.
Puis j'ai relu Aragon. Et j'ai rerouvé la presque perfection. Et encore ressenti ces mots qui réonnaient, une émotion unique. Ue sensibilité mienne. Ou un bordel apparent sous une véritable oeuvre d'art.
Emotion surréaliste, oui. On peut dire. Mais... Mais je ne sais pas.

Question existentielle du jour : comment dit-on "celui qui" en latin ? Le pire cauchemar du thème. Juste censée être en latin débutant, uhu.
Question numéro deux : pourquoi je souris toujours comme une cruche aux moments où oui, je peux dire "ça ne va pas" ?

Choc de la semaine : j'ai découvert comment les philosophes -élèves- prenaient des notes dans l'antiquité grecque. C'était des esclaves qui faisaient la chose en sténo. Comme je suis pasée pour une conne en posant la quetion, j'ai eu évité de demander sur quel support. Osant espérer que ce ne sont pas des tablettes d'argile, parce que difficile d'imaginer de transporter la chose -absolument pas encombrante, soit dit en passant-.

L'ordi rame. Nouvel anti -virus un peu trop efficace qui décovre que j'ai cinquante bestioles qui germent dans la machine. Traumatisme.
Deuxième mail paniqué envoyé au prof d'informatique. "Votre cd-rom il marche paaaas". Je suis définitivement grillée.

Attente que le tome quatre du Retour à la terre revienne à la bibliothèque. Pour avoir la suite.
Prendre le temps de se plonger dans la BD, ou la découverte de la période glaciaire. Dessins qui scient sur place. A se flinguer, tellement c'est beau.
Recherche obsédante de la beauté.

Hier, la voisine m'a prposé de rester manger chez elle. J'ai dit oui, mais je me lève tôt. Je suis rentrée à deux heures. J'avais prévu de dormir à vingt-deux heures trente au plus tard.
C'était chouette, quand même. Oubli de l'angoisse pendant... un moment. Au moins. Un souffle, pour respirer.

Des mots en vrac des derniers temps. Penser à parler de la théorie de l'âme poulpique qui révolutionna ma vie.

Envie de pleurer, envie de crier. Envie de courir dehors. Il fait froid.
Images du passé sur un avenir qui apparaît bouché. Débordement de parols qui veulent sortir. Débordement d'émotions et de ressentis, de joies, de rancoeurs et de haines. Jusqu'à en étouffer.

Fff. Juste un soupir. Après un manque de souffle.
Arrêter de penser. Juste un moment. Stopper le surmenage, avant d'exploser. Mais sans trouver les limites du raisonnable.

Tout est une question de limites, peut-être. Je crois.
Mais qui n'ont jamais été posées, et qui ont été transgressées. Blessure au fond du corps. Et sur le corps. Mais au fond, surtout. Impression de gâchis, toujours. Manque d'enfance. Regrets. Amertume. Peurs, toujours.
Trop. Trop d'un coup, trop de pensées. A se taper la tête sur les murs pour effacer les images d'une ado qui hurle en pleurant, roulée en boule dans sa chambre. Ou d'une gosse repliée dans un coin les yeux fixés sur une tache rouge qui tétanise et qu'elle ne comprend pas.

Pleuré dans le bus, mardi. Craqué. Le monsieur à côté n'a pas compris. Moi si. Pour une fois. Juste trop.
Ne pas lacher. Tout s'emmêle, des fois. Putain. Des insultes qu'on veut hurler. Injustice, dans la tête. Pourquois insolubles. Ils n'avaient pas le droit. Alors recroquevillée en serrant un hippopotame en peluche. Pare que le chat est dehors. Parce que envie de dormir. Parce que marre. Marre de payer pour les violences des autres. Marre d'être animée par la révolte. Marre de vivre aec ce que je refuse, et pas envie d'pprendre à vivre avec. Envie de vivre sans, juste. Pour savoir ce que ça fait, seulement.
Des mots imprononçables, toujours. D'autres qui transpercent le corps comme des couteaux, ou qui font sursauté. Oreilles qui se ferment au mot "viol". Insultes de l'enfance et de l'adolescence qui resent dans les oreilles. Qui ne partent pas. Climat d'une violence omniprésente, toujours, pendant des années, qui laisse la trouile au fond de soi. Envi de se tirer en courant, comme si parti plus loin pouvait éloigner le passé. Qui coupe le souffle, et la respiration. Et les neuronnes, accessoirement.

Une histoire de souffle coupé, oui. Surtout quand on est à bout de souffle.
Livre. Ou histoire de la vie, morceau par morceau, oeuvre par oeuvre. Pour reformer tous les comprtements humains dans le répertoire de tous les siècles. Ca ne change jamais ; est-ce rassurant ? Il y a des constantes chez l'humain, on dirait.
Honte toujours latente, ou sentiment d'humiliation. De rien. De ne plus être humaine. De ne plus être chose non plus. Alors noyade dans le travail, pour être. Ou pour faire. Ou pour rien.

Posté par lenouche à 03:31:04 - Lénouche - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2  3  4  5   Page suivante »