... Lénouche ...

"J'oublie où je me trouve lorsque j'écris", Vassilis Alexakis

07 août 2008

"elle est cultivée, elle jure en cinq langues".

destin

.... Titre hommage à Youssef Chahine qui sort cette phrase absolument génial dans un de ses films. Le drame : comme je sais jurer dans cinq langues différentes, je dois donc en déduire que je suis cultivée. Ceci annonce en quelques sortes la fin de l'humanité ... (à noter que je rentre de Grèce, que je ne suis pas encore tout à fait "Hic et Nunc" pour ne pas dire totalement désaxée et que mon côté débile, en l'occurence, prend le dessus sur le reste).

Les photos viendront plus tard. Le récit aussi. Patience, donc. (ça, c'est le côté sadique).

Eu les résultats (les notes) du concours-que-je-suis-folle-d'avoir-passé-et-que-je-consens-enfin-à-nommer-sur-cet-espace (bon, c'était l'ENS, ça, c'est fait).

Le verdict est : je suis (trèèèèèès) loin de l'admissibilité, avec :

- en allemand un superbe, magnifique et honorifique 3 et la quasi-certitude d'entrer dans les annales des putains de rapports de jury qui ne sont pas z'encore parus dans la catégorie perles. Il faut dire que quand on traduit le douanier par le laveur de carreaux entre autres explois alors qu'on connaît le sus-mentionné mot, aussi ... (le pire : j'en ris !). Le pire bis : je ne comptais pas entrer dans les perles et je ne l'ai absolument pas fait exprès.

- en histoire un tout aussi honorifique 4 (pas de perles, mais catégorie "copies indigentes" ... je savais, pourtant, qu'il ne fallait absolument et sous aucun prétexte faire un plan thématique mais chronologique).

- en latin également un superbe 4 (je hais les vers que j'ai oublié de recopier sur ma copie parce que mon brouillon était un bordel pas possible, alors que les dits-vers (divers ? d'hiver ?) étaient ceux dont j'étais sûre de la traduction et que j'avais en conséquence mis A PART sur mon brouillon pour ne pas les retouchés. Tellement bien à part que je ne les ai pas vus à l'instant critique du recopiage, ahem).

- en français-option-lettres-modernes (ça monte !) : 8 !!! J'aime La Princesse de Clèves ! (faites-moi le plaisir d'oublier tout de suite ce que je viens de dire). La grosse surprise, parce que dernière épreuve, que arrivée en dormant, que "vous êtes de plus en plus blancs!!" nos surveillantes à nous, 6 pauvres candidats égarés à Dijon), et que je pensais accessoirement avoir VRAIMENT mis n'importe quoi.

- en français-épreuve-commune-dissert' : 9 ! Yahouuuuuu (nan, pas le moteur de recherches, le cri de joie ! ). L'honneur est sauf, le contentement aussi. Mais j'ai toujours une dent contre Maeterlink et ses "paroles inutiles". Donc en sachant que seules celles-ci comptent, je vous laisse le soin de découvrir le véritable intérêt de ce message, niark.

- en philo : 8. Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii. Surprise. Avec un sujet intitulé "l'égalité", ça ne pouvait pas mieux tomber, ce chiffre étant composé de deux formes circulaires parfaitement égales et selon la théorie de blablablablablabla ...

Conclusion : Folle je suis, folle je demeurerai, c'est reparti pour un tour version l'an prochain.

Appel à témoin : recherche toute personne susceptible de me fournir une bibliographie en philo et en histoire (Ô, matière tristement maudite)...

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03 juin 2008

et tu de factu (à lire avec l'accent latin).

persepolis_1

Aujourd'hui, j'ai ri. Nerveusement, certes. Mais j'ai ri. Pourtant, je n'avais pas du tout envie de rire. J'ai ri à cause d'une phrase. "Apprends être ado". J'ai dit que normalement, j'arrivais à un âge où on devait me dire d'apprendre à être adulte. Et on m'a répondu que ça, je savais déjà. Mais que je ne savis pas être ado. Et on m'a dit que le temps ne pouvait pas revenir en arrière mais qu'on pouvait le rattraper. Alors après, j'ai pleuré, parce que j'ai repensé à plein de choses.

Je ne me souvenais plus que c'était si difficile de parler. Je ne m'en souvenais plus parce que cela faisait mois que je ne disais plus rien. Et puis tout a débordé, j'ai pleuré, j'ai hurlé, j'ai eu mal à crever, et j'ai parlé, entre deux hurlements, je crois. J'ai murmuré, ou hurlé. Enfin j'ai dit. J'ai dit que j'y pensais depuis des mois. J'ai dit "je l'ai refait". J'ai dit que j'avais honte, que je n'en pouvais plus, j'ai dit pendant plus d'une heure, et je me suis excusée d'avoir dit. Et on m'a répondu que ce n'était pas la peine de m'excuser, et qu'il fallait dire. Mais après, je n'ai plus rien dit.

J'ai repensé, juste. Au pourquoi, au comment, au quoi, au vers quoi. J'ai pensé que je voulais arrêter mes études parce que tout le monde attendait que je réussisse et que si je faisais mes études, c'était pour moi. J'ai pensé que j'en avais marre d'avoir peur de décevoir les autres alors que je le fais pour moi. J'ai pensé que j'en avais marre d'annoncer aux autres ce que je voudrais faire plus tard et de voir leur regard déçu, l'air de dire "tu peux viser mieux".
Je me suis souvenue qu'à dix ans j'avais lu 93. Et que grâce à ça j'avais créé un lien que personne ne pouvait casser. Et des fois, je pense que c'est pour ça, aussi, que je ne dois pas arrêter. Mais je n'aime pas les vacances. Je n'aime pas ne rien faire, je n'aime pas la pluie qui tombe en continu. Je n'aime pas me sentir démunie. Je n'aime pas me sentir impuissante. Et je n'aime pas attendre passivement des résultats d'examens et de concours que la "bonne élève" doit avoir réussi pour les autres mais que l'être humain a peur d'avoir foiré, pour elle. Parce que l'être humain aime faire les choses à fond et a l'impression de ne pas les avoir faites à fond.

Je n'aime pas mon perfectionnisme.

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30 mai 2008

Exa-main.

PGphronesis

Annonce à tous les ceux qui se posent la question : je suis en vie. Enfin je ne l'étais plus, mais j'ai ressucité depuis hier 19h02 très précisément, heure officielle de la fin des exam's.

On ne peut pas dire un mois en quelques mots. Un mois d'amoncellement de papiers, de cours, de révisions, de fatigue, de larmes, de "je n'irai pas", de "ta gueule", de "foutez-moi la paix", d'emballages de bouffe et de paquets de clopes vides qui traînaient partout, un mois de ... pfiou. Le genre de truc qu'heureusement que c'est juste une fois par an parce que sinon mon niveau d'adrénaline serait tout simplement incapable de suivre.

Ca a commencé par le-concours-que-je-n'aurai-pas. Epreuves de huit heures, mort absolue à la fin de la sixième épreuve. Enfin de la première en fait, puis de la deuxième parce que la philo c'est tombé sur une notion et que normalement on pose une question et que ça faisait quinze an qu'ils avaient pas fait ça paraît-il. Puis la litté personne n'a compris le sujet -enfin ceux à qui j'ai demandé-, puis après j'ai traduit le "douanier"par le "laveur de carreaux" en allemand (faut pas chercher ...), puis ça a été presque fini. Et c'était chouette, finalement. Pas de regrets, même pas d'avoir foiré. Parce qu'on était que six, que les surveillants nous ramenaient des croissants et pains au chocolat le matin parce qu'il paraît qu'on était de plus en plus blanc au fil des jours (dixit les surveillants eux-mêmes). Alors quand j'ai vu qu'on était que six, j'ai compris pourquoi on m'avait gentiment attribué la table numéro six. Au début, j'ai eu l'espoir que pour une fois ils avaient pris l'alphabet à l'envers ... Même que la madame surveillante juste derrière moi, en général elle s'endormait et le ronflait à la fin des épreuves. Brefouille.

Trois jours de repos, un jour de craquage intensif. Et je l'ai dit, enfin, ce que je n'arrivais plus à faire. J'ai parlé que je n'en pouvais plus entre deux larmes au téléphone et j'ai enfin parlé, parlé, parlé, sans contrôler les paroles, parce que ça faisait des mois que je n'arrivais plus à parler et qu'il le fallait, là.

On était le 24 mai. Départ le 26 pour les exam's à la fac. Selon mes traditions qui veulent que je foire systématiquement mes épreuves de latin, j'ai ... foiré mon épeuve de latin. Et en comparée on a eu un sujet à coucher dehors en dissert', donc pas satisfaite du tout.
En litté française le sujet était mieux. Les quarante dernières minutes, dernière à sortir, la compagne de on surveillant débarque et ils se font des papouilles devant la porte de la salle jusqu'à la fin de l'épreuve. En l'occurence, ça ne servait à rien de sortir, parce que quand j'écrivais j'avais une vue directe sur la sus-mentionnée porte qui était grande ouverte. Donc ils seraient restés dans la salle, ça n'aurait rien changé, même je n'aurais rien vu.
Pas contente de moi en grammaire, ni en phonétique. Là encore, je garde ma constance. Celle-ci voulant que je foire tous mes exams de math, et la phonétique étant des maths avec la langue .... black out total pendant l'épreuve, la panique, l'horreur, le mélange des dates, des sons, des .... franchement, traiter de [p] de labiale alors que c'est une bi-labiale, quelle honte. Pour un peu que je l'aurais accusé d'être une voyelle, ça n'aurait pas été pire...

La réponse à la question est toutefois tombée, mon prof d'allemand n'est pas sadique, juste profondément angoissé (ceci étant peut-être dû au fait qu'il n'a qu'une seule élève en deuxième année, en l'occurence moi). Du coup quand je suis sortie il m'a demande l'air inquiet si je continuais l'allemand l'an prochain. Vu mon niveau d'anglais catastrophique, j'ai dit qu'il n'avait pas à s'inquiéter, le monsieur ...
Mais on se demande quand même pourquoi il faut anonymer des copies qui ne sont absolument pas anonymes quand on est corrigé par ses profs aux exams et qu'on est le seul élève. Brefouille, encore.

Mécontente de moi en grec, moyen en comm' mais j'avais appris le cours la veille, catastrophique en informatique partie prtique (que j'avais bossé à fond). 14,33 au QCM que je n'avais absolument pas révisé. Comme tout le monde avait au maximum 6, j'ai cru que le prof allait me faire un orgasme en voyant ma jolie note calculée auomatiquement par l'ordi à l'écran qui a achevé de me massacrer définitivement les yeux, "enfin quelqu'un qui a travaillé sérieusement son cours", a-t-il dit. Alors pour ne pas le décevoir, je n'ai pas osé lui exliquer qu'en fait, je n'avais rien compris au cours et que du coup j'avais laissé tomber l'idée de l'apprendre ... Déjà que j'étais à la boure parce que je m'étais perdue et trompée de salle. Ahem.

Fin des exams après l'info'. Vacances, désarroi, je me sens vide alors je vide, j'aspire, je trie, je nettoie, je frotte, et je jette.

Résultat des courses : pas très satisfaite, huit cartouches d'encre usées, des doigts tout bleus, une consommation de cigarettes fortement réduite parce qu'on ne peut pas fumer en exam' (et quand on se rend compte au bout d'une demie heure qu'on a envie, on souffre ...), une consommation de chewing-gum en augmentation constante pendant quinze jour à cause du fait mentionné précédemment, une ampoule au majeur droit, des cauchemars de copies blanches, et je peux enfin réduire ma consommation intensive de valium. 

Résultats le 26 pour le concours et les exams de fac. Tout le même jour, c'est vache, quand même, je trouve.

Je n'ai plus maintenant qu'à m'excuser platement auprès de ceux qui ont dû supporter :
-mon stress
-ma mauvaise humeur
-mes coups de gueule
-mes grognements
-mes gros mots (mais ça, c'est toute l'année)
-les mails sans réponse (tin faut que je m'y mette)
-mes "je vous envoie tous chier" (je suis vulgaire, je sais)
-mes .... cette liste est non exhaustive.

Pour continuer je remercie (quand même) :
-ceux qui m'ont dit d'y aller
-ceux qui m'ont dit que j'avais le droit de me planter (vont pas être déçus sur le coup ^_^)
-ceux qui m'ont supportée.

J'avais dit que je résisterais, mais ça me fait toujours penser à la chanson de Pierre Perret, alors je la mets, quand même. Mes neuronnes étant considérablement fatigués et affaiblis, je ne suis pls maître de ce que je dis.
L'aspect verbal en grammaire est donc blablabla ... donc l'aspect semelfactif indique un évènement ponctuel, par exemple "je meurs". Ce passage parlait-il de mon état au moment où je passais l'exam' ? ('tin mais comment j'ai osé mettre ça dans ma copie moi ???).

Le trophée.

Je viens ce soir pour ma récompense
J'avais dit-on des chances infimes
Modestement j'ai eu je le pense
Un coup de génie en tournant ce film
Je remercie l'équipe toute entière
Et le chauffeur de ma limousine
Les gars du son et ceux de la lumière
Et Marie-Jo qui a fait le casting
Je remercie l'auteur ma femme et mon agent
Et ma maman qui m'a fait si intelligent

Je n'oublie pas mon metteur en scène
Qui était cassé du matin au soir
Ni les baisers de la star italienne
Qui aimait mieux l'ail que les carambars
Les essayages de la costumière
Qui essayait tout jusqu'à mon divan
Je remercie ma doublure lumière
Qui se les gelait dans le mauvais temps
Je remercie la scripte le chef opérateur
La maquilleuse et bien sûr la main du masseur

Je remercie la femme de ménage
Qui me dégottait mes barbituriques
Le producteur qui trouvait dommage
Que les scènes de viol manquent de comique
Merci encore de l'aide si précieuse
De l'assistant qui gardait mon chien
Et du soutien dans les heures creuses
De la monteuse qui montait si bien
Je remercie Carmen la gardienne Andalouse
Et sa belle-sœur qui posait si bien les ventouses

Je remercie l'habileté certaine
Du stomato qui a fait mes fausses dents
Celle du cadreur qui a eu tant de peine
A faire entrer ma tête dedans
Je remercie mon attaché de presse
Et le public qui m'ont dit génial
Même le critique qui écrit sans tendresse
Que je serai mieux dans le rôle du cheval
Merci aux photographes aux membres du jury
Et au coiffeur qui m'appelait toujours mon chéri

Ce beau trophée enfin je le partage
Avec mon psy qui est mort d'épuisement
Ma partenaire fumace qu'au montage
On ai sucré la moitié de ses plans
Je serai ingrat d'en profiter seul
Et j'attribue leur part de gâteau
Aux nominés qui font tous la gueule
Aux cascadeurs qui sont à l'hosto
Je remercie encore ma femme et mon agent
Et ma maman qui m'a fait si intelligent

Pierre Perret.

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27 avril 2008

Vas, cours, vole et survis ...

theatre_cocteau

Je réécris Corneille. Je vais (à reculons), cours (en espérant trouver le bon endroit), vole (en essayant de ne pas m'écraser en route). Mais je ne suis pas sûre d'arriver jusqu'à la phase "survie". C'est là que le "nous venge" intervient. Mais je ne sais pas encore très bien comment ...

Je ne veux pas passer ce concours. Et je sais que si je ne le passe pas, je le regretterai toute ma vie. Pas prête, pourtant. Alors transformation en taupe, je creuse, je creuse, creuse, ....

Extraits :

-je stresse ...
-Oui c'est normal ... mais un peu plus de trois semaines avant ça m'étonne de toi, d'habitude tu stresses plus tôt !
-Aaaaahhh 'spèce de nouille faut pas me rappeler que c'est dans moins d'un moiiiiis maintenant je stresse encore plus (c'était il y a très précisément une semaine).

-Oui bonjour c'est madame Machin du rectorat je voulais savoir si vous vous présentiez blablabla pour organiser la surveillance pour votre tiers temps ...?
-Ah bon je l'ai ????
-Bah vous étiez pas au courant ???
-euuuh non ... enfin oui j'me présente je m'amuse pas à me taper l'histoire du vingtième siècle en trois volumes et l'histoire de la France contemporaine en douze volume par pur masochisme ....

Ca, c'était ce vendredi matin. Et j'ai réalisé que j'avais lu le tiers du premier volume de l'histoire du XXème, alors désespérée je me suis rabattue sur l'abrégé de l'histoire du XXème (très abrégé d'ailleurs ...).

Toute personne prononçant les mots "15 mai" risquent de provoquer chez moi une crise d'hystérie angoissée.
Toute personne faisant allusion aux exams de fac risque de provoquer la même réaction, parce que tout s'enchaîne sur une période de 14 jours précisément, trois jours de repos top chrono (à quand la journée de 36 heures ..?).

La bonne nouvelle là-dedans? J'ai appris qu'il y avait des couloirs de bus dans un ordinateur et je comprends enfin ce qu'a pu ressentir Dostoïevski le jour où il fut grâcié. Le rapport ? Aucun, mais si en plus tout devait avoir une relation logique de telle sorte que l'existence de dieu peut être prouvée selon un argument géométrique qui néanmoins le réduit à une créature nécessaire mais non sacrée et que ça n'arrange pas mes affaires parce que le fait que le [b] intervocalique se soit spirantisé en [B] au premier siècle est un évènement purement contingent mais non pas fortuit qu'aucun raison métaphysique ne peut ... aaaaahhhhhhh, achevez-moââââ.

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10 mars 2008

De l'art de la pâquerette par les racines.

apollinaire2

Des rires. De la trouille. Des mollusques. Des "je conteste". Des "préciiiseuh". Des "arrêêêêteuh de les appeler les mollusques quand ils sont autour de toi". Beaucoup de des, et de sourires.

Fut un temps, j'étais lycéenne dans un établissement dont ma réputation me dit de taire le nom. C'était débauche, tristesses et n'importe quoi. C'était le bon temps, et aussi le pire. C'était le temps où j'escaladais les tables en grec, où on racontait n'importe quoi avec Melle. A., où on discutait tout le temps. C'était le temps où on maudissait la cantine. C'était le temps des pleurs, aussi. Des après-midis dans les couloirs, des "Hélène, relève-toi", le temps où on apprenait à ne rien faire en russe pendant trois heures par semaine et où je découvrais les pires et les meilleurs aspects de la vie d'ado.
C'était le temps, surtout, où on se moquait. Où on se moquait des profs qui piquaient un sprint direction salle des profs après la récrée. Où on se rendait malade à l'idée de devoir entrer dans la dite salle parce que devoir  retard oblige. Le temps où on se foutait de la gueule des stagiaires bien propres et tout jeunes quand un malheureux devait pénétrer une semaine dans la classe et qu'on nous le présentait grâcieusement, "voici Melle Truc qui va nous accompagner quelques temps pour voir comment une classe fonctionne et qui fera peut-être un cours". Et on pensait que oh non, ça va être chiant, et c'est qui cet intru, et qui en plus sait sûrement pas faire un cours.

C'était, ce fut un temps, de plus en plus éloigné.
Alors quand j'ai vu qu'approchait le jour où il fallait retourner dans le-lycée-dont-je-tairai-le-nom mais de l'autre côté, de celui de la stagiaire, j'ai paniqué. Je refuse d'entrer dans la salle des profs, parce que c'est plein de profs. Mais je refuse de rester dans la cour, parce que c'est plein d'élèves. Alors en pire, salle des profs oblige.
Et du vas-y qu'on me présente et que "voici Melle H. qui va blablabla...". Trois fois, devant trois classes. Et l'envers du décor. La salle des profs et son immanquable machine à café qui permet à l'indidu prof de fonctionner. Et le risque de décès par écrasement quand on se tient à moins de deux mètres de la dite machine qui trône au milieu de la pièce, qui fait un bruit qu'on dirait un tremblement de terre à chaque fois qu'elle éructe péniblement son liquide noirâtre et qu'on s'entend plus parler.
La journée de solidarité pour vieux qui soulève la question la plus importante de l'année chez les profs d'hisoire : à huit, on fait un poker ou une belotte ?
Les profs associaux qui gueule parce que ça jacass trop fort. Les salauds qui me sortent trois vacheries par jour que ça donne envie de leur faire livrer anonymement une quinzaine de pizzas, les sympas, les super contents de revoir la malheureuse ancienne élève que je suis, l'espèce de stagiaire. Y'a ceux qui sautent au cou, ceux qui mettent trois jours à vous reconnaître, ceux qui ont du mal à calculer que j'en suis "déjà là", ceux qui m'offrent un grand sourire, ou des grands éclats de rires, ceux inconnus qui m'ouvrent la porte parce que "meeeerdeuh elle s'est refermée pendant que je fumaiiis ma clooopeuh", et y'a surtout les élèves.

Y'a la classe peu nombreuse de mollusques. La très nombreuse de bavards. Et la très nombreuse de très doués mais surtout très ruminants.
Y'a les cours pendant lesquels on se marre parce qu'on intervient (fallait pas me solliciter, là) et qu'on les fait totalement dévier du but initial en un dialogue à deux voix.
Y'a les huîtres qu'on repère tout de suite. Parce qu'elles restent totalement hermétiques, ou parce que c'est les seules à ouvrir de temps en temps leur coquille. Y'a de tout.

Y'a surtout le traumatisme de réaliser qu'élève on était huître aussi, et qu'on était une véritable force passive d'inertie. Y'a l'épuisement de fin de journée, l'inertie qui est contagieuse, et y'a le "putain mais c'est génial, quand même".

Et puis le pire du stage. L'espèce de stagiaire que je suis, l'archétype du stagiaire le moins sérieux qui soit assis en tailleur sur une table qui ne prend pas une seule note et qui intervient à tout va, qui doit faire un cours. Choisir un passage en catastrophe. Ne pas oublier, "surtout, tu fais un truc au ras des pâquerettes". Faire trop simple. Alors pigmenter et réaliser que merde, je ne comprends plus rien. Recommencer, se dire qu'on va partir en courant en entrant dans la salle mercredi. Et qu'on ne fera jamais un truc sérieux surtout s'il faut écrire au tableau parce que ça a tendance à me filer des fous-rires incontrôlables et que je suis incapable d'écrire correctement en position verticale.

Stade fantôme déjà passé. Lobotomie du cerveau par excès d'ostréiculture fortement entamée. Le plus dur, ça va être de quitter ce rythme, parce qu'au fond, c'est marrant, d'être stagiaire.
 

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22 février 2008

De la dure vie facltéenne.

bd23

'Tin, je ferais mieux de bosser au lieu de dessiner des conneries moi ...

(la chose s'agrandit pour les ceux qui veulent lire et mieu voir les images ^^).

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11 janvier 2008

Ex-cesser.

pajaro_fuego

[lalalalala lalala lalalaaaaaaaaaa]. C'est à peu près la musique qui tourne en boucle, en ce moment.

Parfois, je me demande le nombre de temps que je peux passer sans parler à personne. Mais je ne réponds jamais, je ne me réponds jamais. Parce que je refuse de savoir. Ce n'est pas grave.

Il y a quelques jours, la voisine a débarqué en trombe. "Hélèèèneuh, j'ai besoin d'un bouquin, tu l'aurais pas par hasard ???". C'était de Mallarmé. J'ai soulevé trois piles et je lui ai tendu le livre. Elle avait aussi besoin d'un dictionnaire. Elle l'a demandé, à tout hasard. Quand j'ai extrait un mini-dictionnaire de turc d'en dessous une autre pile, j'ai cru qu'elle alait faire une attaque. Du coup, depuis, je suis devenue sa bibliothèque à domicile.

Ce soir, ce fut plus simple. Ou pas. Ca a commencé par un "Alllleeeeexxxx''''' viens voiiirrrrrr". J'avais besoin d'un sujet pour mon expérience de phonétique. Ou plus exactement de quelqu'un qui pourrait me lire ce put*** de texte que je n'arrivais à retranscrire en alphabet Bourciez parce que je doutais sur le bon sens de certaines liaisons et de la légitimité de la présence de certains "e" muets. Après lui avoir fait relire la chose cinq ou six fois, j'étais pas beaucoup plus avancée qu'avant. Alors j'ai fini par mettre des parenthèses là où les doutes persistaient.

Ce n'est qu'après, quand elle m'a demandé si c'était normal que je dorme avec le Gaffiot et le Grévisse sur mon lit que j'ai commencé à m'interroger sérieusement sur les définitions et les tournures précises que pouvait prendre le mot "excès".
Finalement, j'ai conclu que ce mot ne voulait rien dire. Parce que rien ne légitime que ses lettres soient agencées comme ça et non pas autrement. Ou alors parce que je n'ai pas envie de le savoir.

Le gars bourré du distributeur m'a traumatisée hier soir en essayant de me caser avec un autre pas beaucoup plus frais que lui. Je suis partie en inovant un nouveau mode de course, avec des béquilles. Et là, j'ai réalisé l'étendue du désastre. Le volume de livres et considérablement supérieur au volume d'étagères. Et pourtant, je ne me réfugie pas dans les bouquins. Je ne fuis pas la vie. Je mets juste le quotidien en pause, pour ne plus penser à ce qui me met dans des crises de rage pas possible. Parce que la rage, elle me fait vivre. Mais pourtant, elle me bouffe, aussi.

J'ai foutu un coup de poing dans un mur -encore-. J'ai décidé de tenter une sortie dans la rue et j'ai atterri chez Gibert parce que j'avais besoin d'une grammaire latine. J'ai ramené La Peste, deux tragédies d'Euripide, un discours de Cicéron, et un texte de Sénèque en bilingue. Comme c'était d'occaz', j'ai rajouté des nouvelles de Brecht et une anthologie de la littérature phantastique allemande en version originale. Et un traîté sur Le Théâtre et l'existence et sur la Littérature et l'essence.
L'injustice est flagrante, on ne fait jamais de soldes sur les livres. Mais les librairies sont étrangement vides, en période de soldes. Je suis ressortie au bout de deux heures. Et pourtant, des fois, je me demande encore si j'ai bien fait de faire cette filière. Parce qu'entre passion et excès, il n'y a qu'un pas, finalement. Ou alors parce que quand je commence à parler de ce que je fais, de ce que j'aime, de la façon dont je considère la langue et les écrits, et les rapports à tout ça, 90% des gens me supplient de les achever au bout de cinq minutes. Etrangement, quand j'entame les vents catabatiques en Antarctique, ils décrochent aussi.

Parfois, je me demande vraiment qui je suis. Et si je ne passe pas pour une folle, aux yeux de cet étrange individu qu'est la personne de "l'autre". Je dis que ce n'est pas grave. Mais je ne suis pas vraiment sûre d'en être convaincue. Parce qu'il y a toujours comme une douleur, au fond. 

La prochaine fois que j'entre dans une librairie, rendez-moi un service. Assomez-moi avant que je ne franchisse le seuil.

N.B. : expérience culinaire [très foireuse] du jour : essayer de faire réchauffer / cuire (?) des frites surgelées au micro-onde. Absolument immangeable, à ne pas retenter. 

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07 janvier 2008

Relation (future-ex) fusionnelle avec Anatole.

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[Si quelqu'un trouve la façon dont le trucage de cette scène a été fait, je lui offre mon airation à vie... Autrement dit pas grand chose, mais ma curiosité s'interroge ^^.]

Une histoire d'ignorance et de négation(s). C'était ça, finalement.
Je ne sais plus mon âge. Je sais juste la vox que j'entendais, qui parlait tout le temps. Tellement qu'à la fin elle hurlait, même quand elle ne hurlait pas. Alors ça devenait un son que je n'écoutais plus. Mais que j'entendais, et que je ne supportais plus d'entendre. Parce que ce son, il sortait toujours le même disque -rayé-. Toujours les mêmes choses. Toujours les mêmes plaintes. Et que je me taisais, pour que la voix s'arrête. Juste, elle continuait.

J'ai expliqué, finalement. J'ai dit les choses, simplement. Juste. "Si j'étais morte, elle aurait pris ma souffrance dans la figure, et elle aurait été obligée de reconnaître qu'elle était légitime, cette souffrance". Quand on m'a demandé pourquoi non, j'ai redit les choses, aussi simplement. "J'avs peur que ça ne serve à rien". Et puis, j'ai complété. "J'avais peur qu'on me sauve, peur de me louper". Je n'ai pas dit que c'était aussi parce que j'avais encore plus peur de vivre que de mourir. Et on m'a conseillé de lire La Chute. Et j'ai souri, parce que le bouquin, ça fait six mois qu'il attend dans la bibliothèque, mais que je n'ai pas pris le temps de le lire. Ou que je n'ai pas eu le temps. Je ne suis plus très sûre. Plus très sûre non plus de ne pas culpabiliser si je diversifie mes lectures. Alors ça tourne grosso-modo entre "La Princesse de Clèves, la mère et l'amant", "Le Commentaire des Pièces de guerre par Edward Bond lui-même" et "L'honneur dans Jules César de Shakespeare". De temps en temps, ça dévie sur Berstein et Milza, L'histoire de France en dix volumes et La Crtitique poétique depuis le douxième siècle -qui ne fait jamais que 700 pages et quelques-. Et puis. Quand le temps vient, et surtout en cas de surchauffe intellectuelle flagrante, je dévie sur Sally Mara -en fait, je viens de finir la première lettre-. Des fois, je me dis que je devrais arrêter de dormir avec quinze bouquins dans mon lit. Et avec en plus une Pléiade en livre de chevet.

Δεν ητανε τι ηθελα να λεγω. J'étais partie pour un autre sujet. Ce n'est pas grave. En fait si. Parce que je l'ai oublié, l'autre sujet.

Dernières nouvelles du jour, ma relation particulièrement fusionnelle avec Anatole. Fusionnelle à un point que je dors avec lui, des fois. Fusionnelle au point que sa simple vue me donne de l'urticaire. Trois jours que c'est la seule pensée en tête. Et que ce con m'a perdu ma règle, que j'avais laissée coincée entre deux pages. Anatole, son nom de famille c'est Bailly. Environ 1500 pages écrites tout petit. Format pas vraiment livre de poche, plutôt poids lourd même dans son genre. Avec la tête de je-ne-veux-pas-savoir-qui en couverture, made in dictionnaire grec-ancien/français. 
Ca alterne pas mal avec le Larousse. Mais au bout de pas longtemps, j'ai laissé tomber en espérant qu'une bonne âme pourrait m'expliquer avec des mots simples quels sont les principes de la communiation systémique. Après la logique aristotélicienne, la géométrie non-euclidienne -quel est le con qui a inventé ça ???-, l'entropie et la néguentropie, et la cybernétique -une autre bonne âme pour m'expliquer ce que c'est? -, j'ai signé mon divorce définitif avec mon dico. Et avec mon cours de comm'. Enfin au moins pour deux heures.

Question débile du jour, les avis sont ouverts : pourquoi quand on bouffe une sole, il y a toujours des oeufs dedans ? Soit c'est un poisson hermaphrodite, soit seules les madames soles se font attraper. Mais où sont donc les monsieurs soles ? --> Je me cache. 

N.B. : Se souvenir : coup de fil stage réglé. Penser impérativement à renvoyer cette foutue-convention-que-je-n'arrive-pas-à-remplir.

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30 décembre 2007

Majuscule et trois points de suspension.

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Toutes choses en suspens. Le souffle, les doigts, les neuronnes, l'esprit, la pensée. Et l'air, aussi, tant qu'à faire. Le monde en plus, peut-être. Mon monde à moi, en tout cas. Celui que je vis.
Une sorte d'amalgame indescriptible qui va bientôt me faire parler de la situation planétaire dans mes dissert's de français et de La Princesse de Clèves dans le malheureux article que j'essaie désespérément de boucler pour les jeunes correspondants de L'huma. On est mal barrés. Et L'Humanité aussi. En tous les cas la mienne, et ma conception de la chose.

Ca a commencé il y a plusieurs mois. Quand j'ai pensé que l'année 2007 était définitivement à rayer du calendrier. Le problème, c'est que je pensais déjà la même chose pour les années 2006, 2005, 2004, 2003, et peut-être aussi celles d'avant. Comme si la vie entière, l'adolescence et la dernière décennies étaient entièrement à rayer de la liste. D'ailleurs, quand on est passés en 2000, ma première, seule et unique interrogation fut : comment on va marquer la date sur les copies ? Parce que mettre "00" pour l'année, ça fait moche, et mettre "2000", ça fait trop long. Il y a des doutes existentiels, comme ça, parfois...

Brefouille. Tout ça n'est pas très important.
L'apothéose, quand même, ça a été jeudi. Quand j'ai vu en gros sur un serveur couleur agrume "Benazir Bhutto". Ce qui est bien, c'est que la fin de l'article n'était pas utile, parce que j'avais compris. Mais je l'ai lu, quand même. Même si au fond, je n'étais pas sûre de vouloir connaître les détails.
Il y a dix ans, j'avais dit "un jour, je serai comme Benazir Bhutto". Parce que. Ca ne demande pas plus d'explication. Il n'y a pas besoin que les autres comprennent. Mais quand même.
Je ne dirai pas ce que je pense des tractations qui ne veulent pas dire leur nom et qui se poursuivent, se poursuivront, et resteront anonymement anonymes. Mais ça a fait un choc. Comme si perdu un proche. Juste une personne grande. "Je risque ma vie parce que le pays risque sa vie". Ca restera longtemps, ça. Il y avait dix ans, que je la suivais, Benazir Bhutto. Et que je disais un jour, je ferai la même chose. Même si ce jour est de plus en plus lointain.

Alors voilà. Ca a tout déclenché. Toutes les remises en doute qui étaient provisoirement au calme dans les neuronnes. Et ça a tout suspendu, surtout. L'élan de motivation pour bosser. L'angoisse latente. Les j'en-ai-marre. Tout.

J'aimerais juste que ça se mette en mode pause. Bousiller ce maudit optatif et ce datif qui n'a rien à foutre dans ce texte d'Euripide. Et ce pronom relatif qui est intraduisible et qu'il faut traduire. Et ces particules qui sont incompréhensibles.
J'aimerais juste que le boulot s'arrête, parfois. Même si j'aime. Mais arrêter de stresser pour le devoir-qui-est-pour-dans-trois-semaines et que je n'ai pas commencé. Et pour les exams qui sont dans quatre mois et qui arrivent trop vite. Arrêter de me rendre la tête. Arrêter de me dire "je ne peux pas y retourner parce que si, et ça". Et parce que tous les "si" et "ça" ont rapport au boulot. Arrêter d'être trop exigente, peut-être. Trop perfectionniste. Trop à fond, trop extrême, là-dedans. Mais impossible. Parce que sinon, je ne vis plus pour rien, et parce que j'ai besoin de savoir pourquoi je vis.

Finir cette dissert'. En se disant que ça fait du bien, parfois, d'être en pleine phase d'asociabilité chronique quand on a pas envie d'être sociable. Et penser que tiens, c'est bizarre. Les gens. Quand on devient inutile, ils dégagent. Uhu.  J'en ai marre.

La lampe de la salle de bain a cassé. Prendre une douche dans le noir ou ne pas prendre de douche. Tel est le problème. Ca sera dans le noir.

Question existentielle du jour : les araignées, au pôle sud, quand elles sont au plafond, est-ce qu'elles ont la tête en bas ?
C'est moi qui deviens folle, je crois. Ou débile. Mais ça fait du bien d'être débile, des fois. Et d'être conne, en plus.--> "Pourquoi je n'arrive pas à m'entendre avec 90% des filles de mon âge?" La réponse fut radicale : "Euuh Hélène, tu le remarques seulement maintenant ? Ca fait quasi-dix-ans que tu es incapable de t'entendre avec 90% des filles de ton âge".

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30 octobre 2007

Choc étymologique.

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Cette année, j'ai décidé d'arrêter de boycotter la littérature comparée.

Non, en fait, ça a commencé avant le début de l'année. Quand j'ai compris comment on faisait un commentaire dans cette matière. Parce que ce fut toute une histoire, la chose donnant à peu près ça :

-Je n'ai pas compris la méthode
-Mais relisez là c'est expliqué !
-Oui mais justement, j'ai pas compris tout bien vos explications vous dîtes juste "attention à la paraphrase"...

Le dialogue étant assez stérile, après un an de bidouillage et de boycot, j'ai découvert qu'on pouvait quand même avoir 17 à l'exam'. Et que c'était plus facile d'avoir une note potable quand on lisait le bouquin AVANT de faire le dit commentaire au lieu de le lire APRES. Ca évite de dire n'importe quoi, aussi ...

Résultat, même si le prof met trois mois à corriger les devoirs et qu'au mois de décembre il n'a toujours pas mis le nez dans les copies envoyées en octobre, j'ai décidé de m'accrocher à cette matière là. Le tout en réaction particulièrement puérile et de mauvaise volonté face au programme absolument horrible de littérature française -non, je ne m'en remets toujors pas-.
Brefouille, en comparée, le programme est très chouette. Alors vint en toute logique le commentaire de trois scènes de Lorenzaccio -parce que tout commentaire de comparée qui se respecte recouvre un extrait d'au moins dix pages ....- .

J'avais dit, je ferai court.
Une semaine plus tard je m'arrachais les cheveux en mettant le point final sur la page numéro 15. Et en me disant "drame, il faut relire". C'est là que j'ai réalisé tutes les conneries que j'étais susceptible de sortir dans une ligne. Même si quand même très contente de ma démonstration du "Lorenzo est un héros tragique blablabla ... dont le carctère peut se rapprocher de la Phèdre racinienne qui est écartelée entre raison et passion blablabla... comme le sus-mentionné Lorenzo qui oscille entre deux identités dictées par ces mêmes motivations, entre bien et débauche blablabla...". C'était un peu mieux dit, je précise, uhu.
Brefouille, Melle. A. , j'aurais besoin de tes couuurrsss. ^^.

Enfin tout ça pour dire que la chose a entraîné le bidule d'une façon assez inexplicable. Lancée dans la comparée je me suis donc attaquée au grec ancien version initiation -j'ai honte, oui- et là, le choc. Le français n'est qu'un immense pléonasme si on le prend dans sa forme étymologique ...

Explication : soit l'expression "maladie nosocomiale", ou maladie qui s'attrape à l'hôpital. Pas de problème jusque là, à part un optimisme pas forcément flagrant.
Soit aussi le mot grec -moderne- nosokomeio, hôpital. Ou lieu des maladies.
Soit plus loin le mot grec -ancien, cette fois- H nosos. Et là, le choc, ça veut dire... la maladie.
Conclusion, la maladie nosocomiale est donc une expression superbement pléonastique qui désigne littéralement la maladie du lieu à maladie ... Mouarf.

Du coup, j'ai été chercher mon renouvellement de tiers temps. Qui soit dit en passant est censé prndre quinze jours, mais que la secrétaire m'a rappé le lendemain d ma demande pour me dire "c'est bon vous pouvez venir le prendre". Soit je suis un cas désespéré, soit ils sont très efficace.
En tous les cas, dans la logique faquienne, mon cas est désormais nommé dossier classé. Je suis un dossier classé.

Alors. Réouvrir le dossier allemand, 16.5 à la version numéro un. La deuxième s'annonçant horrible, c'est une description a priori apocalyptique de la dame totalement dépressive et plus ou moins suiciaire qui raconte l'histoire, et ... fait son portrait. Je me suis arrêtée à la peau flasque qui tombe, et j'aimerais bien le classer, ce dossier.

André Breton avait bien trouvé en commençant Nadja, au fond. "Qui suis-je?". Telle est la question. Ou alors "Suis-je?".

Posté par lenouche à 13:59:27 - Joyeusetés de fac. - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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