20 août 2008
De l'incongruité des préjugés.
Au début, j'ai franchement fait la tronche. Mais vraiment. C'est peut-être ça qui est génial -pas le fait de faie la gueule, mais de transformer la grimace en un réel sourire-.
Il faut dire aussi que "Littérature coloniale" avec Marguerite Duras, ça ne pesait pas très lourd dans la balance face à la "Littérature concentrationnaire" avec Pérec et W. Alors j'ai fait la gueule. Et puis j'ai pensé que de toutes façons je n'aimais pas Duras -que je n'avais jamais lue-, et que ça faisait chier, etc, etc...
Et puis on m'a dit, "soit on aime, soit on est complètement allergique, en général il n'y a pas de demie mesure". Alors bien obligée, j'ai lu L'Amant. Je n'ai pas pu le lacher jusqu'à la dernière page, que j'ai repoussée au maximum pour ne pas avoir à la lire, pour ne pas finir le livre. Et c'est là que le génial -ou le génie- intervient. Quand un écrivain écrit des trucs tellement énormes que malgré l'idée bien ancrée que "de toutes façons c'est nul et ça va être chiant" on est obligé d'abdiquer et de dire "putain mais c'est génial".
Ce n'est pas l'histoire qui est géniale. Elle, elle serait même plutôt banale, et je n'ai pas envie de la raconter. Ce qui est génial, c'est la façon dont c'est dit, c'est un style qui a le pouir de transformer une aventure qui serait somme toute un peu fade en quelque chose de simplement extrordinaire. Alors après L'Amant, j'ai entamé L'Amant de la Chine du nord, pour continuer dans le même cycle. Et là, j'ai découvert ce que je n'avais jamais vu en lisant un bouquin. La même histoire, presque, que dans L'Amant. Mais l'écriture... Putain. Cet auteur réussit à écrire de façon à ce que le lecteur voie ce qu'il se passe en temps réel. De façon à ce qu'il entende les bruits, sente les odeurs, ressente chaque sensation. Troublant. Désarçonnant. Fantastique. Magique.
Ce n'est pas le lecteur qui entre dans le livre, c'est le bouquin qui pénètre le lecteur dans chacun de ses sens, et dans tout son corps. Ce sont les mots qui se mettent à vivre dans le corps et qui font défiler les scènes comme si on les vivait. C'est un tour de maître énorme. Un génie. C'est beau. Même lorsque le livre ne raconte rien, il raconte. C'est simple, ça ne semble qu'à peine travaillé, mais c'est beau, c'est génial, c'est ... ineffable. Ces bouquins ont un pouvoir incroyable, juste.
Extraits :
"C'est la cour de la pension Lyautey.
La lumière est moins vive. C'est le soir.
[...] Il y a là des jeunes filles, une cinquantaine.
[...] Il y a celle sur un banc, allongée, celle nommée ici et dans les autres livres de son nom véritable, celle d'une miraculeuse beauté qu'elle, elle veut laide, oui, celle de ce nom de ciel, Hélène Lagonelle dite de Dalat. Cet autre amour d'elle, l'enfant, jamais oublié.
[...] L'enfant la regarde attentivement, tout à coup inquiète à cause des cernes noires sous les yeux et de la pâleur du visage d'Hélène.
[...] L'enfant essaie de surmonter cette sorte d'inquiétude, mais elle n'y aive pas, elle n'y arrivera jamais tout à fait. L'inquiétude substistera jusqu'à leur séparation.
[...]
Le lycée.
[...] L'enfant est en retard.
Elle entre dans sa classe. Elle dit : "excusez-moi".
Le professeur fait un cour sur Louise Labé. [...] Il refuse de l'appeler par son surnom "la belle Cordière". D'abord il donne son avis personnel sur Louise Labé. Il dit qu'il l'admire énormémen, que c'est une des rares personnes des temps passés qu'il aurait aimé connaître et entendre dire la poésie.
Le professeur raconte que lrsque Louise Labé allait chez son imprimeur-libraire pour lui remettre le manuscrit de son dernier recueil, elle demandait toujours à une femme amie de l'y accompagner. Elle était restée obscure sur ce point-là de justifier le pourquoi de ce désir, cet accompagnement de celle qui avait écrit les poèmes par une autre femme. [...]. L'enfant avait dit que les deux femmes, Luise Labé et celle qui l'accompagnait, devaient se connaître si bien que jamais Louise Labé ne devait s'être posé la question de savoir si elle l'emmenait avec elle ou pas à propos de poèmes ou d'autre chose.
[...]
La douleur arrive dans le corps de l'enfant. Elle est d'abord vive. Puis terrible. Puis contradictoire. Comme rien d'autre. Rien : c'est alors en effet que cette douleur devient intenable, qu'elle commence à s'éloigner. Qu'elle change, qu'elle devient bonne à en gémir, à en crier, qu'elle prend tout le corps, la tête, toute la force du corps, de la tête, et celle de la pensée, terrassée.
[...]Ca ne s'appelle plus la douleur, ça s'appelle peut-être mourir.
Et puis cette souffrance quitte le corps, elle quitte insensiblement toute la surface du corps et se perd dans un bonheur encore inconnu d'aimer sans savoir.
Elle se souvient. Elle est la dernière à se souvenir encore. Elle entend encore le bruit de la mer dans la chambre. D'avoir écrit ça, elle se souvient aussi, comme le bruit de la rue chinoise. Elle se souvient même d'avoir écrit que la mer était présente ce jour-là dans la chambre des amants. Elle avait écrit les mots : la mer et deux autres mots : le mot : simplement, et le mot : incomparable.
[...]
Ils se sourient. Le désir revient. Ils cessent de se sourire. Il la rhabille. Et puis la regarde encore. La regarde. Elle, elle habite déjà le Chinois. L'enfant, elle sait ça. Elle le regarde et, pour la première fois, elle découvre qu'un ailleurs a toujours été là entre elle et lui. Depuis leur premier regard. Un ailleurs protecteur, de pure immensité, lui, inviolable. Une sorte de Chine lointaine, d'enfance, pourquoi pas? et qui les protégerait de toute connaissance étrangère à elle. Et elle découvre ainsi qu'elle, elle le protège de même que lui, contre des évènements comme l'âge adulte, la mort, la tristesse du soir, la solitude de la fortune, la solitude de la misère, celle de l'amour aussi bien que du désir.
Elle regarde tout, elle inspecte le lieu, cette chambre, cet homme, cet amant, cette nuit à travers les persiennes. Elle dit qu'il fait nuit. [...]
Elle est dans une détresse insurmontable [...]. Il dit qu'il sait ce qu'elle a en ce moment, ce désespoir, cette peine. Il dit que c'est comme ça, quelquefois, à une certaine heure de la nuit, ce désarroi, qu'il sait comme on est perdu. Mais que ce n'est rien. Que c'est comme ça la nuit quand on ne dort pas.
Marguerite Duras, L'Amant de la Chine du nord.
Conclusion n°1 : je devrais essayer de dormir la nuit.
Conclusion n°2 : Camus a écrit L'Etranger avec une première personne qui disait "il", Duras écrit avec une troisième personne qui dit "je". Et c'est tout aussi perturbant.
Conclusion n°3 : Pourquoi il faut toujours que les bouquins que je pense que je vais détester sont finalement ceux que j'adore ?
Conclusion n°4 : c'est peut-être pour ça que j'aime ce que je fais ... Parce qu'on ne peut jamais avoir d'opinions toutes faites et qu'on ne peut pas se faire influencer ni par soi-même ni par les autres.
Soit donc L le nombre de livres que je trouve trop longs, A ceux que je pense adorer, N le nombre que je pense détester et D le nombre de désillusion dans tous les sens.
Soit encore Z le pourcentage de surprises que j'ai en lisant et Y le nombre d'auteurs contre qui j'ai un préjugé négatif.
Soit T mon moment de sadisme et mon sport mathématique de l'année à moi littéraire.
Cela nous donne [[(L-D) + (A-D) + (N-D) + (Y - (A-D)] - (N-D)] X Z = W
Sachant que W équivaut au nombre de bouquins que je déteste en réalité, trouvez l'équivalent en chiffres de W. Ahemmm.
08 août 2008
Chronique d'un malaise de lecture.
Début d'année -milieu de vacances- oblige, vous ne couperez pas à mes chroniques de lectures estivales.
Surtout quand les livres lus marquent beaucoup. Surtout comme celui-ci.
C'est difficile de décrire le malaise vaguement écoeurant qui accompagne gentiment la lectrice -en l'occurence moi- pendant un peu plus de 600 pages dans mon édition. C'est comme si à chaque paragraphe j'avais eu envie de refermer ce bouquin sans pouvoir m'empêcher de continuer. Mais le problème, il n'est pas là. Le problème, il tient à ce que je suis fichtrement incapable de mettre des mots sur les raisons pour lequel ce truc m'a foutue si mal à l'aise.
Le truc en question, c'est Le Tambour de Günter Grass. Mon prof de comparée est un sadique. Surtout que le livre le plus court du programme ne fait "que" 500 pages.
Bref. Il y a à la fois une certaine fascination mêlée à un énorme sentiment de dégoût et de répulsion pour le personnage d'Oscar. On ne sait jamais sur quel pied dans. Salaud ? Véritable sadique ? Sociopathe ? Personnage trop sensible qui refuse la vie conventionnelle ? Impossible de se situer.
Tueur en série déguisé ? Ou victime d'être né ? On ne sait pas. Et même en refermant le livre, on ne sait toujours pas.
Manipulateur ? Ou personnage qui a compris tout le système ? A ça non plus, il n'y a pas de réponse. Et je n'aime pas ne pas pouvoir répondre.
Personnage auquel il est impossible de s'identifier ? Pas vraiment. Pas tout le temps. Alors est-ce que le malaise vient de ce que l'on se reconnaît dans les profondeurs sombres et vicieuses de l'être humain à travers Oscar ? Même pas.
Juste une terreur et un dégoût physique qui imprègne le texte du début à la fin. Et ce malaise.
Je devrais alors dire que j'ai détesté cette chose. Mais non. Je ne peux pas dire que je n'ai pas aimé. Tout comme je ne peux pas dire non plus que j'ai aimé. J'ai juste été frappée, oui. Frappée de telle façon que je ne sais pas si je pourrai me résoudre à re-manger un jour des anguilles (je vous passe les détails de la méthode de pêche à l'anguille ...). Et que je ne pourrai pas oublier ce livre.
Frappée à un tel point que l'idée de devoir le relire me rend malade. Et que je ressens pourtant le besoin de le relire, pour essayer de répondre. Frappée aussi parce que c'est la première fois que je suis incapable de pourtant un jugement sur un livre, de me fixer. D'en parler en termes axiologiques. Parce qu'en suivant le parours d'Oscar, on ne sait jamais sur quel pied danser. Personnage égoïste ou personnage qui souffre ? On ne sait pas. On ne peut jamais se décider de façon durable.
Et il est peut-être là, le génie de Grass. D'avoir écrit un livre qui suinte l'écoeurement et que pourtant, il est impossible de refermer avant d'avoir lu la fin. D'avoir écrit un livre que l'on ne peut pas juger en termes de "j'ai aimé" ou "je n'ai pas aimé".
20 juin 2008
Hélène fait le ménage.
Avant ... Pendant ... Après ...
[draaameuh, j'ai encore perdu mon briquet...]
Moment irrationnel. Les neurones en phase d'inactivité flagrante et dans un état de vide intersidéral propre à rendre dépressif un calamar géant -hommage au calamar géant du musée de l'évolution que je dois bsolument aller voir-.
J'ai lu Viande froide cornichons. En cinq jours. C'est un drame. L'inactivité atteint un stade toujours plus croissant. C'est facile et confortable de ne rien faire, mais ne faire rien ou faire du rien demande une non-dépense d'énergie significativement épuisante. Alors j'ai mis en page le CV de Melle A., comme ça le mien est tout prêt, plus qu'à compléter avec mes infos. Et je bricole. Enfin je range.
J'ai laissé tomber l'idée de remettre en ordre mon esprit désespérément vide. Mais j'ai trié les trois mètres cube de papiers qui s'entassaient depuis un an, je me suis arraché les cheveux, j'ai rangé mes bouquins dans les cartons de bananes que mon épicier m'a gentiment conservés pour que mon proprio puisse repeindre mes murs sans repeindre mes livres en même temps. Le drame, j'ai aussi rangé les bouquins que j'étais censée revendre après mes résultats et ceux que j'étais censée lire pendant les vacances. Conclusion : je vais devoir tout défaire. Voilà comment on fait du rien. On fait, et on défait, donc on fait pour rien, et on fait du rien et de l'inutile.
J'en ai marre d'attendre mes résultats, alors je fais de la place chez moi, en attendant (de ne plus être comme une pile électrique coincée dans une boîte).
J'ai enfin récupéré un meuble pour caser mon bordel (comprendre le micro-onde et les sachets de thé).
-Hélèèèneuh, si tu veux arriver à monter ton meuble il faut visser dans le sens des aiguilles d'une montre
-je sais chuis pas débile
-non parce que ça fait cinq minutes que tu visses dans le mauvais sens là...
-...
Un autre exemple du ne faire rien.
J'ai aussi débroussaillé ma fenêtre de la plante grimpante et indigente qui la bouchait aux trois quarts. Comme je n'ai pas de sécateur, j'ai tout coupé aux ciseaux. Et comme je ne sais pas tailler une plante, j'y suis allée au pif. J'attends que le voisin s'aperçoive de la chose et se mette à hurler. Là, ce n'est pas du faire rien, mais du faire n'importe quoi, ou du il aurait mieux valu ne rien faire.
J'attends ces maudits résultats, et je réalise que je vais bientôt finir par pointer à l'ANPE étant donné les nouvelles magnifiques réformes réservées aux futurs hypothétiques profs. Conclusion, qui qu'il advienne, je ne suis pas dans la merde.
Une grande nouvelle toutefois, je viens officiellement d'obtenir mon premier diplôme post-bac, j'ai nommé ... Mon certificat informatique ! A raison de 14.33 au QCM et d'un résultat de 11.8 au total, je vous laisse la joie de calculer ma note de pratique, mouahaha. Qu'est-ce que je vais faire de ce truc, moi, maintenant, à part léguer mes cours d'info ??? (que je n'ai soit dit en passant toujours pas compris, ahem).
28 mars 2008
De l'eau au plafond.
Je craque, je craque, je craque, je craque, je craque, je craque, je craque, je craque, je craque, je craque, je craque, je craque, je craque, je craque, je craque, je craque, je craque, je craque, je craque, je craque, je craque, je craque, je craque, je craque, je craque, je craque, je craque, je craque, je craque, je craque, je craque, je craque, je craque, je craque, je craque, je craque, je craque, je craque, je craque, je craque, je craque, je craque, je craque, je craque, je craque, je craque, je craque.
Ca, c'était le coup de gueule du jour. Avant, y'a eu la crise cardiaque, de moi, et des voisins. Uhu.
-Biiiiippppp (téléphone à 22h53)
-Allôôô???
-Mr le voisin du dessus ??? Y'a encore une fuite dans votre douche, j'ai mon plafond qui goûte et qui est tout moisi même s'il vient d'être refait (hum).
-Gné ? Euuh je dois aller à la gare là je t'envoie I. (en aparté : "meeeerrrrdeuh).
-Bonne soirée... (désespérée).
Trois minutes plus tard, la femme-du-voisin-du-dessus qui débarque pour voir la chose : "meeerdeuh va encore falloir refaire une déclaration à l'assurance et va falloir refaire la douuucheuh".
Moi : "meeerdeuh, va encore falloir refaire mon plafond" (désespoir très profond).
C'est décidé, si on me reparle de peintre, je vais louer une cave à Montreuil. Au moins, ça sera naturellement humide et mes serpillères auront une bonne raison de moisir ...
Je hais les plafonds, et les douches, et tout ce qui fuit. C'est décidé.
Conclusion : 28 mars, dix jours d'ostréiculture, de la neige, encore une inondation, le chat qui vient de ramener un mille-pattes (re-désespoir), en retard dans le boulot, malade, j'ai dû m'y reprendre à trois fois pour faire pipi dans un gobelet à porter au labo, et en plus j'ai vieilli d'un an le 16. Mois de mars 2008 à effacer en urgence.
21 février 2008
Cheveux, gribouillages-z-et philo.
Il était temps, diraient certains -en l'occurence moi-. La révélation eut lieu, enfin, je viens de comprendre ce qu'est la philo -non en fait pas du tout mais c'est pas grave on fait comme si-.
Les chroniques-de-la-nuit-sur-inter-que-personne-n'écoute, c'est bien. Parce que comme personne n'écoute, il peuvent se permettre de raconter tout et n'importe quoi, le genre de truc qui laisse scotché à la radio jusqu'à cinq heures du matin -parce qu'il paraît que la nuit s'arrête, à ce moment là-. Du coup, ils arrivent à caser des sujets de convers' sur le poulpe pendant plus de deux heures, répondant ainsi à ma grande hypothèse existentielle de toujours : le poulpe est plus intelligent que l'étrange bipède appelé "humain". Tout ça parce qu'il arrive à se souvenir du parcours d'un labyrinthe pour aller bouffer son crabe. Bref, passons.
La lumière a fini par s'allumer quand les stoïciens -Ô Diogène- et leurs théories ont amené la convers' (je ne dirai pas laquelle) sur la théorie -le principe- de l'âme poulpique. Principe que soit dit en disant j'ai plus ou moins oublié mais que j'ai retenu que l'âme était comme un poulpe géant encerclé par des tentacules et blablabla et blablabla... L'idée, ça devait être que l'âme était au centre de tout. On évitera les détails pour retenir l'essentiel : pour réussir en philo, il faut penser comme un poulpe. Et là, c'est le drame, je déteste les crabes et les labyrinthes et je reste scotchée à mon malheureux rang de bipède homo-sapiens -prochain but : vivre à la manière de Cro-Magnon-.
Ca doit être le côté tentacules, je crois, qui m'a poussée à me dire qu'il fallait que j'aille chez le coiffeur (ceci n'a rien à voir) parce que je commençais vraiment à ressembler à un poulpe -sens péjoratif du terme-, et qui m'a fait dire à la madame "faîtes c'que vous voulez, mais je veux que ça reste long". Résultat, mon éternelle réputation de "cheveux toujours en pétard" tombe de haut, je n'arrive plus à me décoiffer, c'est une horreur. Enfin, ça fait au moins quinze jours que je rumine, alors ça commence à ne plus ressembler à grand chose, enfin.
Envie de ne plus lier les idées ni la logique. J'ai pensé à gribouillage, j'ai grabouillé le mot partout pendant que je battais mon record de scrabble d'un point et que je grognais que Gougueule a changé et que si on veut rechercher une image maintenant c'est beaucoup plus compliqué et que grunch grunch grunch. Du coup, failli gribouiller -au sens propre du terme- la mÔdame chez Gibert qui m'a grillé ma place en débarquant avec cinquante bouquins à revendre "parce qu'elle était pressée" alors que j'étais devant -à l'origine- et que j'avais un malheureux Folio coût 40 centimes d'occaz' et un peu de place dans les piles à côté de la bibli surchargée et qui commence à crier misère. Même que le vendeur a dit que c'était pas très correct son attitude à la madame quand j'ai essayé de lui expliquer le dilemne (pas très dilemmique pourtant).
Etrangement, quand je lui ai demandé d'un air nouille et étonné "mais vous êtes conne, madame ?!", elle n'a pas eu l'air d'apprécier. Mais elle est quand même restée devant moi avec ses cinquante bouquins...
19 février 2008
Du bon (?) usage de la mauvaise humeur.
--> Ce titre est absolument nul, mais au moins, il donne l'illusion du coup de génie sur un jeu de mots pourri...
Se réveiller à dix heures. Après endormissement à sept (le matin). S'habiller en grognant et en pestant parce qu'il caille, et que pas pu rappeler Melle. A. et qu'on ne pourra pas se voir et que bordel de m****. Sauter dans le train, mettre une heures et très exactement vingt-sept minutes pour lire ... seize pages ! Et ne toujours pas comprendre le sujet de dissert' qui allait avec les sus-mentionnées pages, d'ailleurs.
Arriver à la gare, courir dans le métro et se taper un sprint même si une demie heure d'avance cause envie de pipi pressante. Et réaliser entre Glacière et le P'tit Edgar (qui naît, dixit Pierre Perret) qu'on a oublié de manger. Alors frôler l'acte manqué et manquer de descendre chez le P'tit Edgar (Quinet^^), parce que c'est la station des crêperies.
Sèvres-machin-chose, paumée dans le quartier fait ch***. Courir, ouvrir la porte (se tromper de code), dire bonjour, aller aux toilettes, et s'aseoir dans la salle d'attente. Et remettre une heure pour lire les seize pages suivantes, puis s'endormir en regardant l'heure d'un air désespéré. 15h, 15h10, 15h30, 15h40, merde, rendez-vous à 14h40 quand même. 15h45, train à 39 (de 16h), 15h49, 15h51, enfin. Envie d'assommer la dame qui n'arrêtait pas de parler et dont la voix résonnait désespérément, inlassablement, en la voyant sortir. Se jeter dans le cabinet du docteur et griller un patient "parce que j'ai un train", essuyer les regards du patient furieux, quatre minutes de négociation, 15h55 enfin assise dans le bureau. Résumé de la situation bref, concis et précis. "je dois partir à 16h10 maxi' sinon je loupe mon train, ça va très très mal, et j'vous ai ramené des médicaments en trop" (et là exhiber les six boîtes de médocs et permettre au docteur d'ouvrir sa pharmacie perso'^^).
Fin de l'entretien à 16h19, angoisse du "putain jvais le louper" (le train), et double angoisse du "j'ai absolument pas envie de faire de prise de sang" (comprendre -->> gnnnnééééé les labos ils les font AVANT huit heures du matin). Grogner encore, ronchonner parce que le métro vient de me passer sous le nez -y'a des jours, comme ça...-, sauter dans le métro d'après. Arrivée massive d'êtres humains à Montparnasse, par chance c'est une espèce compressible. Mais pas trop quand même, surtout quand le compresseur sent la banane pas très fraîche et quand je suis la compressée. Re-arrivée massive à Glacière, relan d'asociabilité flagrant, grognements, montre qui dit 16h34, sortie du métro à 16h39, arrivée à la gare à 16h42, et putain j'ai loupé cet enfoiré de train à trois minutes, pouvait pas être en retard nan pour une fois ? Pester encore une fois, appeler Melle. A. , discuter, reprendre le métro pour changer e gare et prendre le train suivant, se taper une heure d'attente à gare de Lyon, monter dans le train, s'endormir, faillir ne pas se réveiller avant de descendre, récuprer le bouquin qui était tombé en catastrophe, et on passera sur la suite.
Retour sans enthousiasme, découvrir un bout de plafond trois semaines après dans un paquet de cotons-tiges, maudire le peintre pour au moins dix générations, achever le cable qui ne demandait qu'à céder, défoncer un miroir au passage et se dire que les boulons commencent à être vraiment très dévissés.
La bonne nouvelle ? Aucune. Mais j'ai arrêté de grogner, au bout de dix heures...
21 décembre 2007
Des règles fondamentales du bon sens et de l'esprit humain.
Je ne veux pas.
Den Thelo.
Ich will nicht.
I don't want.
Ia ne xotchou.
La chose pourrait se résumer de la sorte, peut-être. Dans cette forme multi-linguement un peu plus polie qu'un "allez vous faire foutre" général. Pas universel, général. Tout est dans la nuance. Parce que ça ne s'adresse pas à tout le monde, quand même.
Je crois qu'on réalise qu'il y a un problème quand la routine s'installe de façon trop restreinte et pendant trop longtemps. En l'occurence, elle devient étouffante. Surtout quand elle se traduit par "l'environnement se résume à un cercle de cinquante mètre carrés de diamètre autour de chez moi". Parce que je ne veux plus sortir. Ou parce que je veux partir. Et que je n'ai jamais voulu y habiter, dans cette ville.
Alors regarder la carte de France, et se demander où aller. Quand c'est trop, vraiment. Parce que plus rien à y faire, ou presque.
Les règles universelles de la logique interdisent certaines choses. Déjà, de se casser la cheville. Ensuite, de prendre le métro en béquilles. Et enfin, de se jeter -toujours en béquilles- dans un wagon bourré à bloc aux heures de pointe et de risquer l'écrasement intégral. Et pourtant, ça reste agréable, au fond.
La deuxième chose que la logique interdit, c'est d'ouvrir une enveloppe cachetée marquée "confidentiel". Même si -et justement parce que- on sait pertinemment que la sus-mentionnée enveloppe parle de nous. Et cela bien qu'on nous l'ait remise en main propre. Alors s'efforcer d'oublier le contenu de l'enveloppe que l'on n'aurait jamais dû lire, et que d'ailleurs on n'a pas compris, jargon médical oblige. Et la renvoyer illico presto au service intéresser qui, lui, a peu de chance de se taper une crise de désespoir en la décachetant. Et non, je ne citerai pas le contenu de l'enveloppe ici. Parce que c'était écrit "confidentiel".
Il paraît que je suis une cynique désespérée et désespérante. C'était un reproche. Je l'ai pris pour un compliment. Cherchez l'erreur. Envie d'être réellement asociale, parfois. Et de dire que oui, on trouve que le monde peut être réellement méprisable. Au risque de paraître carrément désagréable, mais je m'en fous.
Même que. Même que j'ai compris l'enjeu de l'avoir -outre les sous-. Même que j'ai vu que le choix n'était plus forcément en option. Ou qu'il l'était. Mais en second choix. Alors un peu peur.
Envie de voir des gens. Et des initiales auxquelles je pense -trop- souvent. Et de dire que j'en ai marre. Et que j'ai pleuré. Et que je pleurerai encore. Et que j'ai dit non, et que je continuerai à refuser. Je crois, en tous cas.
Je ne veux plus entendre parler de Noël. Même de loin. On est le 20 décembre. Il ne fait que -10 à Dijon. Mais tout va bien. J'oublie juste d' "aller". Ou d'avancer.
06 décembre 2007
Demain, j'arrête.
Une bonne journée de somnolence. Un crayon machouillé, aussi. Et un paquet de chips à la crevette flingué. Alors une grande révolution -et résolution- : j'arrête les chips à la crevette. Parce que je n'en ai plus.
Dissert' sur les galeries Lafayette -comprendre l'écrivain- terminée. Je ne veux plus entendre parler du XVIIème siècle, pendant au moins dix jours. Parce que c'est impossible de faire un truc en suivant le plan que l'on n'aurait précisément pas choisi si on avait pu. Et parce que, surtout, même en s'appliquant à suivre le plan en question, le drame est : j'arrive à la conclusion inverse de celle supposée "je vous donne l'idée mais en fait vous devez tous arriver là". Drame.
Beaucoup de réflexion -non littéraire-. J'ai lu Mallarmée, et j'ai compris. "Il s'appelle Steph' parce qu'il ne parle pas". J'adore le Pléiade.
J'ai lu la chronique smokingienne hebdomadaire que l'on a gentiment pris le soin de m'evoyer sur ma boîte mail, aussi. Enfin j'ai lu celle de mardi il y a neuf jours. Parce que encore eu le temps de lire celle qui me fut envoyée ce soir.
"La démocratie, hors les scrutins qui l'entérinent, c'est le respect des lois, et en l'occurence qui nous occupa ces deux dernières semaines, le respect du droit de grève, n'est-ce pas ? Vous n'y êtes pas du tout...
La démocratie, c'est la vérité du jour de sondages impressionnistes et incontrôlable[...].Comme si, derrière celle-ci, l'objectif encore indicible, mais qu'il convient d'ores et déjà de banaliser, consistait, à terme, en l'abolition de toute grève ; laquelle, si l'on a bien compris, il faudra bientôt savoir terminer avant de l'avoir terminée (dans leurs rêves!)."
Pierre Marcelle, Libération du mardi 28 novembre 2007.
On m'a dit que j'étais cynique, comme fille. J'ai répondu que c'était mieux que d'être immoral, et je ne suis pas sûre que la personne ait compris. Mais je m'en fous.
Loupé le coup de téléphone. Je voulais appeler, pourtant.
En bataille avec une administration. "Rappelez la semaine prochaine, on ne répond à votre question que le mercredi matin vous tombez une heure trop tard"--> On m'a dit qu'il n'y avait personne une heure plus tôt ^^.
Des fois, je voudrais dire "je vous emmerde". Et puis, j'ai pensé à Boris Vian, et j'ai crié dans ma tête "j'irai cracher sur vos tombes". C'est plus explicite, finalement. Ca mûrit a colère, aussi. Je fatigue, c'est pitoyable.
Prévert est un sale menteur. Il est impossible de ramasser des feuilles mortes à la pelle. Surtout quand elles sont mouillées.
Des fois, je suis contente de ne pas être les autres. Mais je ne suis pas contente d'être moi, quand même. Alors je ne suis plus sûre de vouloir être. Ce n'est pas de l'ironie, pour une fois. Pourtant, je me surprends encore à penser que certaines choses puissent surprendre, et je me dis que je voudrais partir en courant.
Question du jour : quelle est la différence entre être déprimée et être réaliste ?
02 décembre 2007
des ... cembres ?
Beaucoup de choses à dire. Pas assez de temps pour le faire. Ou refus de prendre le temps.
Juste des bribes.
On m'a dit "tu as un foutu caractère", j'ai dit que non, c'était pas vrai. J'ai ronchonné, et j'ai éclaté de rire. Parce que c'était vrai, que j'étais de mauvaise foi sur ce coup là.
J'ai dit "j'ai l'impression d'être une fille". Et juste après, j'ai trouvé ça débile. Alors j'ai fermé ma bouche, et ma pensée.
L'éphéméride a dit 1er décembre. Dans ma tête, il y a toujours 31 jours en novembre. Tout va bien.
Je n'ai pas encore commencé ma dissert' à rendre pour le 30 -novembre-.
Je suis en pleine overdose des galeries Lafayette -comprendre l'écrivain du même nom qui a écrit des histoires de princesses-.
J'ai vu décembre, et j'ai pensé des cendres. Et descendre. Et plein de trucs en "endre".
Eluard a failli se retourner dans sa tombe. Mais pas à cause de moi.
La voisine est venue catastrophée me dire que sa carte ne marchait plus. Je lui ai filé la mienne avant de réaliser que "merde, mon compte est à sec".
J'ai dit que je dormais la tête sous la couette et on m'a demandé avec étonnement comment je respirais. J'ai dit que j'adoptais la méthode périscope et j'ai souri.
J'ai redit que je ne voulais pas être une fille. Mais dans ma tête, parce que je ne peux pas être autre chose. Et parce que ce si est un trop grand si, on m'a dit, une fois.
Je veux quitter Dijon.
Je suis folle, et parfois contente de l'être à ma façon.
J'ai dit que dans trois jours je m'inscrivais à ce-que-je-ne-dévoilerai-pas-avant-le-mois-de-mai-et-que-je-n'aurai-jamais. Mais pas à grand monde. Surtout dans ma tête, en fait. Parce qu'on me regarde comme une dingue, sinon. Et que les gens à qui j'en ai parlé savent déjà de quoi je parle -reste à faire cogiter et à trouver ce qui se passe en mai-.
J'avais envie de dire quelque chose à quelqu'un, enfin. Un quelqu'un qui me dit que je ne l'ai jamais mentionné ici. Et je sais que ce quelqu'un se reconnaîtra.
La personne qui se connecte sur MSN avec un pseudo que je sais toujours qui c'est même s'il change toujours parce que le ton reste le même, et qui après avoir pseudonymement disserté sur la bizaroïdité du sexe féminin doit maintenant avoir un truc en anglais, je voudrais lui dire que je ne l'oublie pas. C'est tout. Ou pas.
Je n'ai toujours pas commencé ma dissert'. Et il est quatre heures du matin. Je viens de m'assommer contre le coin de ma fenêtre.
28 novembre 2007
Dans la catégorie F., je demande... le fouillis.
En vrac. Parce que le "vrac" est un peu -beaucoup- omniprésent en ce moment. Ou parce qu'il remplit tout, peut-être, tout simplement.
Brefouille, en vrac, donc.
Je ne vais pas mal -et je n'esquive pas les questions, enfin pas trop-, je n'ai plus de crédit sur mon portable et ça commence à devenir légèrement problématique mais je n'arrive pas à me décider à le recharger, je viens d'achever le cratère qui se profilait déjà dans mon budget bouquin de l'année -qui a commencé il y a à peine trois mois-, et c'est la panique. Conclusion, fuir les filières littéraires vers des lieux où il n'est pas nécessaire d'acheter dix mille bouquins par mois que "ah non désolé je ne vous le reprends pas vous avez écrit dessus" --> gné ? Il était déjà comm ça, si si, je vous assure. (=Conversation avec le service de livres d'occaz' de Gibert Dijon).
Je ne vais pas mal. Parce que je ne vais pas, tout court. Il est donc inutile de s'encombrer d'adjectifs apposés. On est le 27 novembre, j'ai perdu la notion du temps depuis environ deux mois, c'est le bonheur.
C'était le jour de Pierre Marcel, mais j'y ai pensé à 18h57 et le tabac avait déjà vendu tous ses Libés. Mais je ne vais pas mal. Parce que je ne vais pas.
La prochaine personne prononçant le mot Noël devant moi se fera assommer. Cela dit, si quelqu'un s'avise de m'offrir un truc en papier avec des pages qu'on tourne, je le massacre. Pile de plus d'un mètre de haut -soit environ dix mille pages- à lire.
L'épicerie de la rue n'a pus de carambars. C'est dramatique, ils ne peuvent plus m'en donner quand je vais acheter un truc chez eux. Et je ne peux plus me décrocher la mâchoire, donc, parce que les carambars au caramel, ça colle.
Je ne... Je ne sais pas. Devoir d'informatique bouclé et envoyé. Ordinateur presque pas tapé et presque encore en vie. Uhu.
Latin posté. Et [mode vulgaire ON] j'emmerde tous les ablatifs absolus et ce maudit écrivain que personne ne connaît, qu'on a dû aller repêcher son texte je ne veux pas savoir où -son nom est Hirtius pour les intéressés éventuels- et ce putain de datif qui n'avait rien à foutre là parce que en l'occurence un accusatif m'aurait bien arrangé je vais lui faire la peau [mode vulgaire OFF]. Et j'en perds mon latin, à tous les sens du terme, c'est le cas de le dire.
Je veux partir de Dijon. Je voudrais retourner à Athènes. Je reste sur des "je voudrais" parce que. Ce parce que n'entraîne pas de complément, je précise.
Je suis allergiques aux relatives au subjonctif. Je suis folle, et je le sais. J'en ai marre, et je le sais aussi. Je ne passe pas tout mon temps à travailler -la preuve, mais je ne suis pas sûre de le savoir-.
Je veux revoir Melles A. et S. Mais je ne sais pas quand.
J'ai faim. Mais mes placards sont vides. Et le frigo aussi. Je suis fatiguée. Je suis en vrac, je crois. Et j'en ai marre du superficiel. Conclusion d'une discussion très philosophique avec La Voisine.
Accessoirement je me fais entuber pour le mardi 17 -ou 18- décembre. Musées nationaux fermés veut dire je suis à Paris mais mon joli emploi du temps pour aller voir l'expo sur Les Abysses au musée d'histoire naturelle tombe à l'eau -dans le gouffre-. Me reprendront-ils chez Boulinier mes annabacs made in 2004 dont absolument personne ne veut ?
Je marche par associations d'idées. Mais je ne vais pas. Tout court.
J'ai réalisé que je n'arrivais plus à me souvenir spontanément du prénom de mon oncle. Et j'ai pensé que peut-être, la non-connaissance, ou l'ignorance, ou l'inconnu, ça commençait ici. Mais pas l'indifférence, parce que ça secoue vachement, je crois.
Je voudrais quitter Dijon. Et arrêter de me poser des questions existentielles que je ne poserai pas ici.
Je ne sais toujours pas conjuguer le verbe Créer. Ca, c'est juste pour me rappeler d'aller vérifier dans le bled comment ça se conjugue, le dit-verbe.











