... Lénouche ...

"J'oublie où je me trouve lorsque j'écris", Vassilis Alexakis

31 août 2008

Profanation.

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J'ai été taguée. Et je viens de découvrir que "taguer" signifiait "passer le relai".
La chose tombant bien, étant donné que ma cuisine vient d'apprendre qu'il n'était pas recommandé pour elle que j'oublie un oeuf dans une casserole sous peine d'être entièrement repeinte par cet abruti d'embryon ovoïdal.
Le thème reste donc dans le domaine "cuisine"; je dois être maudite.

(Si quelqu'un me rapporte un calamar géant vivant et qui tient dans ma douche, je le vénère jusqu'à la fin de ma vie et promis, je ne le cuisinerai pas ... ).

1) Qu'aimez-vous le plus cuisiner ?

Spontanément les plats tout prêts qui coûtent une fortune et que, donc, je ne fais jamais, mais qui ont l'avantage d'éviter de cuisiner quand on a les moyens d'en avoir. En deuxième place les surgelés qui présentent le même avantage mais je n'ai pas de congélateur. Donc les nouilles, puisqu'elles représentent 90% de ma cuisine et que je ne sais faire que ça à peu près correctement.


2) Laquelle de vos réalisations a reçu le plus de suffrage ?

... des pâtes aux légumes ...


3) La recette que votre entourage vous réclame le plus ?

"Surtout ne t'embête pas, hein ! j'ai à manger chez moi je ramène ce qu'il faut ... ou alors tu préfères descendre au kébab..?". Conclusion : la recette de ma non-cuisine.


4) Votre petit-déjeuner préféré ?
 

Chocolat-jus d'orange-tartines de pain frais beurrées avec de la confiture d'orange ou de myrtilles... Je dois petit-déjeuner trois fois par an en tout, hélas...


5) Votre restaurant ou pâtisserie préféré(e) ?

Marco Polo (pizzeria) en resto. La pâtisserie ... je ne sais pas.


6) Votre aide la plus précieuse en cuisine ?
 

Les recettes sans huile dans une poële qui menace de gicler partout et d'ébouillanter toute personne se trouvant à moins de trois mètres de là. Sinon, qu'on me laisse faire ma tambouille toute seule. Sinon, risque d'énervement et de panique immédiate, et de cramage, ratage, et autres joyeusetés ...

Prochain post : recette de textes latins mijotés avec une lecture assidue.

Et je passe le relai à qui veut.

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26 août 2008

Boulomai.

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Elle a le vertige. Elle a la tête qui tourne mais elle ne tourne pas sur elle même. Elle pleure sans verser une larme, elle hurle sans pousser le moindre cri, sans laisser passer le moindre son.
Elle court en restant sur place, elle voit trouble.

Elle pleure, elle rit, elle crie. Elle ne connaît plus son âge. Elle ne se connaît plus, elle pleure, elle rit, elle a mal. Il y a des images qu'elle n'oublie pas, des douleurs qui ne passent pas. Il y a des douleurs qu'elle ne comprend pas.
Elle cherche l'air de rien à retrouver l'équilibre. A se vomir pour moins se haïr, à détester les autres pour tromper sa rancune. Elle sait que c'est elle qu'elle déteste, que c'est son corps qu'elle ne supporte pas.

Elle sait qu'aucun coup de ciseau ne changera jamais rien. Mais elle frappe quand même, aveuglément. Juste la vue troublée par les cris qui ne sortent pas, la rage qui lui fait tourner la tête, qui fait tourner toutes les images. La rage qui n'est que de la douleur.
Elle croit devenir folle parce qu'elle ne dort plus depuis des nuits et qu'elle ne comprend plus rien. Elle est comme droguée, abattue par un coup de couteau dans le dos, les côtes, essoufflée. Elle est comme droguée dans un monde qu'elle ne voit plus et qui lui échappe. Elle est comme en prison dans son corps, dans ses pensées. Comme prisonnière d'elle même.

Elle voudrait attraper une main qui se tend et qu'elle a lâchée depuis longtemps. Elle voudrait dire des mots qu'elle ne dit plus. Alors elle ronge ses mots, elle se ronge les ongles au sang pour se soulager. Elle hurle, juste, en silence.
Elle ne sait plus, juste elle ne sait plus ce qu'est l'avenir, ce qu'est la vie, ni ce qu'est un présent qu'elle ne vit pas et qu'elle ne supporte plus.
Elle ne connaît plus l'identité, son identité. Elle ne sait plus dire "je", elle oublie tout dans un marasme écoeurant qui lui donne le vertige.

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20 août 2008

De l'incongruité des préjugés.

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Au début, j'ai franchement fait la tronche. Mais vraiment. C'est peut-être ça qui est génial -pas le fait de faie la gueule, mais de transformer la grimace en un réel sourire-.

Il faut dire aussi que "Littérature coloniale" avec Marguerite Duras, ça ne pesait pas très lourd dans la balance face à la "Littérature concentrationnaire" avec Pérec et W. Alors j'ai fait la gueule. Et puis j'ai pensé que de toutes façons je n'aimais pas Duras -que je n'avais jamais lue-, et que ça faisait chier, etc, etc...
Et puis on m'a dit, "soit on aime, soit on est complètement allergique, en général il n'y a pas de demie mesure". Alors bien obligée, j'ai lu L'Amant. Je n'ai pas pu le lacher jusqu'à la dernière page, que j'ai repoussée au maximum pour ne pas avoir à la lire, pour ne pas finir le livre. Et c'est là que le génial -ou le génie- intervient. Quand un écrivain écrit des trucs tellement énormes que malgré l'idée bien ancrée que "de toutes façons c'est nul et ça va être chiant" on est obligé d'abdiquer et de dire "putain mais c'est génial".

Ce n'est pas l'histoire qui est géniale. Elle, elle serait même plutôt banale, et je n'ai pas envie de la raconter. Ce qui est génial, c'est la façon dont c'est dit, c'est un style qui a le pouir de transformer une aventure qui serait somme toute un peu fade en quelque chose de simplement extrordinaire. Alors après L'Amant, j'ai entamé L'Amant de la Chine du nord, pour continuer dans le même cycle. Et là, j'ai découvert ce que je n'avais jamais vu en lisant un bouquin. La même histoire, presque, que dans L'Amant. Mais l'écriture... Putain. Cet auteur réussit à écrire de façon à ce que le lecteur voie ce qu'il se passe en temps réel. De façon à ce qu'il entende les bruits, sente les odeurs, ressente chaque sensation. Troublant. Désarçonnant. Fantastique. Magique.
Ce n'est pas le lecteur qui entre dans le livre, c'est le bouquin qui pénètre le lecteur dans chacun de ses sens, et dans tout son corps. Ce sont les mots qui se mettent à vivre dans le corps et qui font défiler les scènes comme si on les vivait. C'est un tour de maître énorme. Un génie. C'est beau. Même lorsque le livre ne raconte rien, il raconte. C'est simple, ça ne semble qu'à peine travaillé, mais c'est beau, c'est génial, c'est ... ineffable. Ces bouquins ont un pouvoir incroyable, juste.

Extraits :

"C'est la cour de la pension Lyautey.
La lumière est moins vive. C'est le soir.
[...] Il y a là des jeunes filles, une cinquantaine.
[...] Il y a celle sur un banc, allongée, celle nommée ici et dans les autres livres de son nom véritable, celle d'une miraculeuse beauté qu'elle, elle veut laide, oui, celle de ce nom de ciel, Hélène Lagonelle dite de Dalat. Cet autre amour d'elle, l'enfant, jamais oublié.
[...] L'enfant la regarde attentivement, tout à coup inquiète à cause des cernes noires sous les yeux et de la pâleur du visage d'Hélène.
[...] L'enfant essaie de surmonter cette sorte d'inquiétude, mais elle n'y aive pas, elle n'y arrivera jamais tout à fait. L'inquiétude substistera jusqu'à leur séparation.

[...]

Le lycée.
[...] L'enfant est en retard.
Elle entre dans sa classe. Elle dit : "excusez-moi".
Le professeur fait un cour sur Louise Labé. [...] Il refuse de l'appeler par son surnom "la belle Cordière". D'abord il donne son avis personnel sur Louise Labé. Il dit qu'il l'admire énormémen, que c'est une des rares personnes des temps passés qu'il aurait aimé connaître et entendre dire la poésie.
Le professeur raconte que lrsque Louise Labé allait chez son imprimeur-libraire pour lui remettre le manuscrit de son dernier recueil, elle demandait toujours à une femme amie de l'y accompagner. Elle était restée obscure sur ce point-là de justifier le pourquoi de ce désir, cet accompagnement de celle qui avait écrit les poèmes par une autre femme. [...]. L'enfant avait dit que les deux femmes, Luise Labé et celle qui l'accompagnait, devaient se connaître si bien que jamais Louise Labé ne devait s'être posé la question de savoir si elle l'emmenait avec elle ou pas à propos de poèmes ou d'autre chose. 

[...]

La douleur arrive dans le corps de l'enfant. Elle est d'abord vive. Puis terrible. Puis contradictoire. Comme rien d'autre. Rien : c'est alors en effet que cette douleur devient intenable, qu'elle commence à s'éloigner. Qu'elle change, qu'elle devient bonne à en gémir, à en crier, qu'elle prend tout le corps, la tête, toute la force du corps, de la tête, et celle de la pensée, terrassée.
[...]Ca ne s'appelle plus la douleur, ça s'appelle peut-être mourir.

Et puis cette souffrance quitte le corps, elle quitte insensiblement toute la surface du corps et se perd dans un bonheur encore inconnu d'aimer sans savoir.

Elle se souvient. Elle est la dernière à se souvenir encore. Elle entend encore le bruit de la mer dans la chambre. D'avoir écrit ça, elle se souvient aussi, comme le bruit de la rue chinoise. Elle se souvient même d'avoir écrit que la mer était présente ce jour-là dans la chambre des amants. Elle avait écrit les mots : la mer et deux autres mots : le mot : simplement, et le mot : incomparable.

[...]

Ils se sourient. Le désir revient. Ils cessent de se sourire. Il la rhabille. Et puis la regarde encore. La regarde. Elle, elle habite déjà le Chinois. L'enfant, elle sait ça. Elle le regarde et, pour la première fois, elle découvre qu'un ailleurs a toujours été là entre elle et lui. Depuis leur premier regard. Un ailleurs protecteur, de pure immensité, lui, inviolable. Une sorte de Chine lointaine, d'enfance, pourquoi pas? et qui les protégerait de toute connaissance étrangère à elle. Et elle découvre ainsi qu'elle, elle le protège de même que lui, contre des évènements comme l'âge adulte, la mort, la tristesse du soir, la solitude de la fortune, la solitude de la misère, celle de l'amour aussi bien que du désir.

Elle regarde tout, elle inspecte le lieu, cette chambre, cet homme, cet amant, cette nuit à travers les persiennes. Elle dit qu'il fait nuit. [...]
Elle est dans une détresse insurmontable [...]. Il dit qu'il sait ce qu'elle a en ce moment, ce désespoir, cette peine. Il dit que c'est comme ça, quelquefois, à une certaine heure de la nuit, ce désarroi, qu'il sait comme on est perdu. Mais que ce n'est rien. Que c'est comme ça la nuit quand on ne dort pas. 

Marguerite Duras, L'Amant de la Chine du nord.

Conclusion n°1 : je devrais essayer de dormir la nuit.
Conclusion n°2 : Camus a écrit L'Etranger avec une première personne qui disait "il", Duras écrit avec une troisième personne qui dit "je". Et c'est tout aussi perturbant.
Conclusion n°3 : Pourquoi il faut toujours que les bouquins que je pense que je vais détester sont finalement ceux que j'adore ?
Conclusion n°4 : c'est peut-être pour ça que j'aime ce que je fais ... Parce qu'on ne peut jamais avoir d'opinions toutes faites et qu'on ne peut pas se faire influencer ni par soi-même ni par les autres. 

Soit donc L le nombre de livres que je trouve trop longs, A ceux que je pense adorer, N le nombre que je pense détester et D le nombre de désillusion dans tous les sens.

Soit encore Z le pourcentage de surprises que j'ai en lisant et Y le nombre d'auteurs contre qui j'ai un préjugé négatif.

Soit T mon moment de sadisme et mon sport mathématique de l'année à moi littéraire.

Cela nous donne [[(L-D) + (A-D) + (N-D) + (Y - (A-D)] - (N-D)] X Z = W

Sachant que W équivaut au nombre de bouquins que je déteste en réalité, trouvez l'équivalent en chiffres de W. Ahemmm.

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18 août 2008

Sous- ...?

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[...]

Quel temps quel temps sans mémoire
On ne sait plus comment voir
Ni se lever ni s'asseoir
Il fait beau comme jamais
C'est un temps contre nature
Comme le ciel des peintures
Comme l'oubli des tortures
Il fait beau comme jamais
Frais comme l'eau sous la rame
Un temps fort comme une femme
Un temps à damner son âme
Il fait beau comme jamais un temps à rire et courir
Un temps à ne pas mourir
Un temps à craindre le pire
Il fait beau comme jamais
Tant pis pour l'homme au sang sombre
Le soleil prouvé par l'ombre
Enjambera les décombres

Louis Aragon.

Parce que je n'ai pas les mots qu'il faut pour dire que j'ai mal. Parce que d'autres les ont. Parce qu'il faut que ça sorte. Parce que ça prend tout le corps et la pensée. Parce que j'en ai honte. Parce que j'en ai peur, de cette souffrance. Parce que je sens que je déconne. Parce que je la refuse, je le refuse. Parce que je ne sais plus. Parce que je suis paumée. Parce que je voudrais disparaître. Parce que j'en veux au monde entier et que je n'en veux qu'à moi. Parce que je déteste mon corps. Parce que je trouve irrationnel que cela m'ennuie moins de m'abimer moi que de balancer des objets. Parce que ce sont des sensations que j'aurais voulu ne plus jamais connaître, des questions que j'aurais voulu ne plus jamais attendre et des regards que j'aurais voulu ne plus jamais voir. Parce que j'ai besoin de gueuler, de hurler. Parce que, parfois, je meurs de vivre. Parce que parfois j'aurais moins peur de crever. Parce que, aussi, je n'ai plus envie de sourire et de dire que tout va bien.

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08 août 2008

Salade de nuit.

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Elle allait sans chaussures le long d'un chemin du crépuscule. Elle marchait lourdement pour sentir à chaque pas les gravier s'enfoncer dans ses pieds nus.

Elle marchait sans marcher un jour illusoire qui déclinait au-dessus d'un monde incertain.

Elle allait sans chaussures en ramassant la nuit, en pelletant à coups de bras l'obscurité rampante. Elle criait en riant à la face blafarde et moqueuse de la lune qu'elle ferait une salade de nuit.

Elle allait en riant pour les fous des alentours. Elle refoulait les regards ahuris des autres pour garder son propre ahurissement.

Elle ramassait la nuit et la mélangeait avec les préjugés. Ses bras tournoyaient et jetaient dans un récipient immatériel une tristesse qu'elle trouvait à la pelle.

Elle faisait une salade de nuit avec tout ce qu'elle trouvait sur son passage. Avec les choses et les objets. Les sensations et les idées. Le concret se fondait dans l'abstrait et elle réinventait les états de la matière morte.

Elle allait en courant sans chaussures et en agitant une cloche. Elle sonnait le tocsin de sa salade de nuit. Le sablier s'était cassé dans l'agitation et son contenu crissait, menaçant.
Elle courait après le temps.

Elle trébuchait les pieds nus en traînant derrière elle sa salade de nuit qui brinquebalait dans les cahots des pierres et des graviers.

Elle était l'anonyme qui courait, et riait, et criait au monde avec sa salade de nuit en équilibre sur le dos.

Elle marchait sa salade accrochée à ses pieds. Elle cherchait l'ombre où perdre son ombre au bout du chemin de graviers. Elle marchait sans marcher jusqu'à l'aurore pour disparaître dans le jour, elle et sa salade de nuit.
Pour rester l'invisible.

Ou peut-être tout simplement pour ne pas connaître la vraie forme des choses sous la lumière accusatrice.

Hélène. 

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Chronique d'un malaise de lecture.

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Début d'année -milieu de vacances- oblige, vous ne couperez pas à mes chroniques de lectures estivales.

Surtout quand les livres lus marquent beaucoup. Surtout comme celui-ci.

C'est difficile de décrire le malaise vaguement écoeurant qui accompagne gentiment la lectrice -en l'occurence moi- pendant un peu plus de 600 pages dans mon édition. C'est comme si à chaque paragraphe j'avais eu envie de refermer ce bouquin sans pouvoir m'empêcher de continuer. Mais le problème, il n'est pas là. Le problème, il tient à ce que je suis fichtrement incapable de mettre des mots sur les raisons pour lequel ce truc m'a foutue si mal à l'aise.

Le truc en question, c'est Le Tambour de Günter Grass. Mon prof de comparée est un sadique. Surtout que le livre le plus court du programme ne fait "que" 500 pages.
Bref. Il y a à la fois une certaine fascination mêlée à un énorme sentiment de dégoût et de répulsion pour le personnage d'Oscar. On ne sait jamais sur quel pied dans. Salaud ? Véritable sadique ? Sociopathe ? Personnage trop sensible qui refuse la vie conventionnelle ? Impossible de se situer.
Tueur en série déguisé ? Ou victime d'être né ? On ne sait pas. Et même en refermant le livre, on ne sait toujours pas.
Manipulateur ? Ou personnage qui a compris tout le système ? A ça non plus, il n'y a pas de réponse. Et je n'aime pas ne pas pouvoir répondre.

Personnage auquel il est impossible de s'identifier ? Pas vraiment. Pas tout le temps. Alors est-ce que le malaise vient de ce que l'on se reconnaît dans les profondeurs sombres et vicieuses de l'être humain à travers Oscar ? Même pas.
Juste une terreur et un dégoût physique qui imprègne le texte du début à la fin. Et ce malaise.

Je devrais alors dire que j'ai détesté cette chose. Mais non. Je ne peux pas dire que je n'ai pas aimé. Tout comme je ne peux pas dire non plus que j'ai aimé. J'ai juste été frappée, oui. Frappée de telle façon que je ne sais pas si je pourrai me résoudre à re-manger un jour des anguilles (je vous passe les détails de la méthode de pêche à l'anguille ...). Et que je ne pourrai pas oublier ce livre.
Frappée à un tel point que l'idée de devoir le relire me rend malade. Et que je ressens pourtant le besoin de le relire, pour essayer de répondre. Frappée aussi parce que c'est la première fois que je suis incapable de pourtant un jugement sur un livre, de me fixer. D'en parler en termes axiologiques. Parce qu'en suivant le parours d'Oscar, on ne sait jamais sur quel pied danser. Personnage égoïste ou personnage qui souffre ? On ne sait pas. On ne peut jamais se décider de façon durable.

Et il est peut-être là, le génie de Grass. D'avoir écrit un livre qui suinte l'écoeurement et que pourtant, il est impossible de refermer avant d'avoir lu la fin. D'avoir écrit un livre que l'on ne peut pas juger en termes de "j'ai aimé" ou "je n'ai pas aimé".

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07 août 2008

"elle est cultivée, elle jure en cinq langues".

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.... Titre hommage à Youssef Chahine qui sort cette phrase absolument génial dans un de ses films. Le drame : comme je sais jurer dans cinq langues différentes, je dois donc en déduire que je suis cultivée. Ceci annonce en quelques sortes la fin de l'humanité ... (à noter que je rentre de Grèce, que je ne suis pas encore tout à fait "Hic et Nunc" pour ne pas dire totalement désaxée et que mon côté débile, en l'occurence, prend le dessus sur le reste).

Les photos viendront plus tard. Le récit aussi. Patience, donc. (ça, c'est le côté sadique).

Eu les résultats (les notes) du concours-que-je-suis-folle-d'avoir-passé-et-que-je-consens-enfin-à-nommer-sur-cet-espace (bon, c'était l'ENS, ça, c'est fait).

Le verdict est : je suis (trèèèèèès) loin de l'admissibilité, avec :

- en allemand un superbe, magnifique et honorifique 3 et la quasi-certitude d'entrer dans les annales des putains de rapports de jury qui ne sont pas z'encore parus dans la catégorie perles. Il faut dire que quand on traduit le douanier par le laveur de carreaux entre autres explois alors qu'on connaît le sus-mentionné mot, aussi ... (le pire : j'en ris !). Le pire bis : je ne comptais pas entrer dans les perles et je ne l'ai absolument pas fait exprès.

- en histoire un tout aussi honorifique 4 (pas de perles, mais catégorie "copies indigentes" ... je savais, pourtant, qu'il ne fallait absolument et sous aucun prétexte faire un plan thématique mais chronologique).

- en latin également un superbe 4 (je hais les vers que j'ai oublié de recopier sur ma copie parce que mon brouillon était un bordel pas possible, alors que les dits-vers (divers ? d'hiver ?) étaient ceux dont j'étais sûre de la traduction et que j'avais en conséquence mis A PART sur mon brouillon pour ne pas les retouchés. Tellement bien à part que je ne les ai pas vus à l'instant critique du recopiage, ahem).

- en français-option-lettres-modernes (ça monte !) : 8 !!! J'aime La Princesse de Clèves ! (faites-moi le plaisir d'oublier tout de suite ce que je viens de dire). La grosse surprise, parce que dernière épreuve, que arrivée en dormant, que "vous êtes de plus en plus blancs!!" nos surveillantes à nous, 6 pauvres candidats égarés à Dijon), et que je pensais accessoirement avoir VRAIMENT mis n'importe quoi.

- en français-épreuve-commune-dissert' : 9 ! Yahouuuuuu (nan, pas le moteur de recherches, le cri de joie ! ). L'honneur est sauf, le contentement aussi. Mais j'ai toujours une dent contre Maeterlink et ses "paroles inutiles". Donc en sachant que seules celles-ci comptent, je vous laisse le soin de découvrir le véritable intérêt de ce message, niark.

- en philo : 8. Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii. Surprise. Avec un sujet intitulé "l'égalité", ça ne pouvait pas mieux tomber, ce chiffre étant composé de deux formes circulaires parfaitement égales et selon la théorie de blablablablablabla ...

Conclusion : Folle je suis, folle je demeurerai, c'est reparti pour un tour version l'an prochain.

Appel à témoin : recherche toute personne susceptible de me fournir une bibliographie en philo et en histoire (Ô, matière tristement maudite)...

Posté par lenouche à 07:11:00 - Joyeusetés de fac. - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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