... Lénouche ...

"J'oublie où je me trouve lorsque j'écris", Vassilis Alexakis

27 avril 2008

Vas, cours, vole et survis ...

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Je réécris Corneille. Je vais (à reculons), cours (en espérant trouver le bon endroit), vole (en essayant de ne pas m'écraser en route). Mais je ne suis pas sûre d'arriver jusqu'à la phase "survie". C'est là que le "nous venge" intervient. Mais je ne sais pas encore très bien comment ...

Je ne veux pas passer ce concours. Et je sais que si je ne le passe pas, je le regretterai toute ma vie. Pas prête, pourtant. Alors transformation en taupe, je creuse, je creuse, creuse, ....

Extraits :

-je stresse ...
-Oui c'est normal ... mais un peu plus de trois semaines avant ça m'étonne de toi, d'habitude tu stresses plus tôt !
-Aaaaahhh 'spèce de nouille faut pas me rappeler que c'est dans moins d'un moiiiiis maintenant je stresse encore plus (c'était il y a très précisément une semaine).

-Oui bonjour c'est madame Machin du rectorat je voulais savoir si vous vous présentiez blablabla pour organiser la surveillance pour votre tiers temps ...?
-Ah bon je l'ai ????
-Bah vous étiez pas au courant ???
-euuuh non ... enfin oui j'me présente je m'amuse pas à me taper l'histoire du vingtième siècle en trois volumes et l'histoire de la France contemporaine en douze volume par pur masochisme ....

Ca, c'était ce vendredi matin. Et j'ai réalisé que j'avais lu le tiers du premier volume de l'histoire du XXème, alors désespérée je me suis rabattue sur l'abrégé de l'histoire du XXème (très abrégé d'ailleurs ...).

Toute personne prononçant les mots "15 mai" risquent de provoquer chez moi une crise d'hystérie angoissée.
Toute personne faisant allusion aux exams de fac risque de provoquer la même réaction, parce que tout s'enchaîne sur une période de 14 jours précisément, trois jours de repos top chrono (à quand la journée de 36 heures ..?).

La bonne nouvelle là-dedans? J'ai appris qu'il y avait des couloirs de bus dans un ordinateur et je comprends enfin ce qu'a pu ressentir Dostoïevski le jour où il fut grâcié. Le rapport ? Aucun, mais si en plus tout devait avoir une relation logique de telle sorte que l'existence de dieu peut être prouvée selon un argument géométrique qui néanmoins le réduit à une créature nécessaire mais non sacrée et que ça n'arrange pas mes affaires parce que le fait que le [b] intervocalique se soit spirantisé en [B] au premier siècle est un évènement purement contingent mais non pas fortuit qu'aucun raison métaphysique ne peut ... aaaaahhhhhhh, achevez-moââââ.

Posté par lenouche à 00:57:59 - Joyeusetés de fac. - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


12 avril 2008

Bouquins et chaussettes à pois.

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Et la question du jour est ... "Pourquoi croire?".
J'ai réfléchi. Et j'ai pensé croire en quoi, croire comment, croire en qui. Qu'est-ce que croire? Et puis j'ai envoyé Nietzsche, Heidegger, Hume et leurs copains valser à l'autre bout de la pièce pour conclure dans ma tête que croire, au sens large du terme, n'était qu'une illusion pour se rassurer et se fondre dans une communauté tout aussi illusoire en laquelle, de toutes façons, on ne croit pas. Enfin ça, je ne l'ai pas écrit. Je n'ai rien écrit d'ailleurs. J'ai juste eu envie de baisser les bras en pensant qu'il ne restait qu'un mois, que c'était de la folie tout ça, que le doute perpétuel c'est bien joli mais que ça n'arrange rien, et que, et que, et que ... la vérité n'est qu'une illusion nécessaire, tout comme la liberté, et à partir de là, on est bien dans la merde.
Alors non, je n'ai rien écrit. Je n'ai pas commencé, parce que je me suis juste dit qu'à ça, je n'y croyais pas. Et que c'était en moi que je ne croyais pas. Et j'ai décidé que je ne pouvais pas répondre à cette question, que ce soit d'un point de vue philosophique ou non. Sauf que, de toutes façons, il faudra bien que j'y réponde.

Berstein et Milza me gonflent profondément. Je viens de tuer la quatrième République à coup de livres entre deux recherches sur la cybernétique et le principe du feedback plus communément appelé rétro-action. Merci gougueule de m'avoir apporté des explications complémentaires qui n'ont rien complété du tout puisque je n'ai, de toutes façons, pas compris.

Je re-re-re-relis Lorenzaccio. On me dit relax et je réponds ta gueule. Je doute, encore, toujours. Encore plus depuis que j'ai "le" but. Et que je sais pourquoi je fais ça.

Il y a trop de choses. Trop de trop. Alors couper le téléphone, mettre èmèssène en sourdine, Inter à fond mais la station déconne à Dijon, ouvrir un livr, le reposer, en prendre un autre, reprendre les notes, refaire les piles qui se cassent la gueule, regarder l'heure, chasser les chats des voisins, écraser -encore- un escargot, oublier de manger, de dormir, de penser, d'être et de vivre. Et respirer un grand coup, pleurer, tout envoyer bouler et recommencer ce qui n'a pas de fin, un programme pantagruélique duquel je n'arrive désespérément pas à trouver la -pas très- substantifique moëlle. Le 29 mai, tout sera fini, mais tout reprendra, pour l'an prochain.

La France ou le monde ? Le théâtre ou la critique ? Le latin ou l'allemand ? Rien ou rien ? Pour l'instant, tout, trop de tout. Beaucoup trop.

Je hais les exams, je hais les concours. Je hais la pluie en avril, et je hais les piles de révision.

A part ça, tout va bien.

Merci pour le génie Rostropovitch. Melle. Au., pas eu le temps de répondre à ton gentil mail mais il a croisé ma lettre qui partira euuuh ... lundi ! Enfin dès que je trouve le nombre suffisant de timbr, uhu.

C'est le bordel, mon appart' ressemble à un après-cataclisme, je n'ai ni le temps ni l'envie de ranger et je n'ose plus faire entrer personne chez moi.
Il faut que je pense à ré-alimenter le frigo. A passer le coup de fil au proprio, à arroser le lierre qui est en train de crever, que je me calme, surtout que je me calme. J'en parlerai à mon valium ...

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09 avril 2008

Négaposivité.

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J'aime les fraises et la crème chantilly. J'aime les framboises au nutella et la mousse au chocolat avec du camembert. J'aime le bruit de la pluie au bord de la mer. Le soleil à une terrasse de café. La musique et les concertos pour violoncelle de Bach.
J'aime quand le téléphone décroche au bout du cinquantième appel. J'aime moins quand je dois refaire cinquante tentatives parce qu'on m'annonce que je me suis trompée de service.
J'aime bien les myosothis. Passer pour une débile en prenant un micro dans une manif' ouvrir un paquet de cigarettes neuf.

Des fois, j'oublie ce que j'aime. Parce que le j'aime pas dépasse. Parce que je ne sais pas dire j'aime, ni à quelqu'un, ni à quelque chose. Et je n'aime pas tout gâcher.

Je n'aime pas les sujets de dissert' tordus de mon prof de comparée qui met 14 parce que "on voit que vous ne saviez pas quoi faire du sujet mais vou avez eu le mérite d'y réfléchir". Je n'aime pas les trois piles de un mètre de haut à apprendre, et j'aime encore moins penser que je suis censée tout connaitre pour le 15 mai. J'aime encore moins penser que je ne connais rien.

J'aime une personne qui m'a reproché un jour de ne jamais parler d'elle ici, et je ne sais pas lui montrer. Je n'aime pas ne pas savoir. J'aime la vie mais je pense à la mort parce que je voudrais savoir vivre. 

Ce post n'a aucune utilité. Mais je cherche toujours la vidéo de Rostropovitch jouant du violoncelle devant la chute du mur de Berlin, désespérément. Et là, je déteste ne pas trouver. Si une bonne âme passe par là ...

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04 avril 2008

Non-activité d'une vraie semaine.

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J'écoute de la musique arménienne et j'ai envie de pleurer. Il est trois heures du matin, et ce n'est pas la musique qui fait monter les larmes.
Je crois que j'ai faim, mais je ne sais pas. Quand je réflechis, je réalise que le dernier vrai repas remonte à une date que j'ai oubliée. C'était des sushis. Alors j'arrête de réfléchir.
Je vois la date, les jours qui passent, et je me dis que je n'y arriverai jamais. Jamais à tout apprendre, à tout assimiler, à tout lire, à tout faire. Je me dis que c'est de la folie, de tenter. Que je dois bosser, qu'il le faut. J'angoisse, j'ouvre un livre. Je lis trois lignes sans rien comprendre, je le referme. Je regarde les dates de l'évolution des mots. Ca ne rentre pas, alors je referme à nouveau. Je ne sors pas. Je vais juste acheter un pain au chocolat à la boulangerie. J'allume une cigarette. Je mange. Je m'allonge, je pleure. Je me bourre de valium. Jour après jour. Et tout ça n'avance pas.

Je ne peux pas fuir toute ma vie. Je ne peux pas passer mon temps à ça. Et pourtant, est-ce que je ne fuis pas en disant que je veux quitter Dijon? Je n'aime pas la ville. Je me dis que rien ne m'y retient.
J'ai demandé à la voisine si on pourrait parler. J'attends depuis une semaine, et je n'ai plus envie d'attendre.
J'ai réalisé que la pensée était toujours là. Et que si, personne ne s'en rendrait compte avant plusieurs jours. Parce que personne ne se doute. Alors j'ai appelé le numéro. Mais c'était occupé. C'est toujours occupé. Et j'ai réussi à repousser le seul rendez-vous où on me disait "tu peux parler". Ce n'est pas grave.

Juste l'impression de tout foutre en l'air, ou d'être dans un endroit où tout est déjà en l'air. Alors non-activité. Encore, et toujours. Parce que tout paraît trop insurmontable. Parce que rien ne rentre. Parce que je ne peux pas passer ma vie à fuir, mais parce que surtout je voudrais un jour ne plus rien avoir à fuir.

Posté par lenouche à 03:16:04 - Idées du moment - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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